Lutte contre le racisme et l’antisémitisme : tous unis

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La triple crise sanitaire, économique et sociale que traverse notre pays exacerbe les tensions et, comme souvent dans les périodes de crise, contribue à renforcer les préjugés et les discriminations. Nous l’observons par exemple avec le déferlement de haine qui s’abat sur les personnes d’origine asiatique en France et dans le monde.

Non, le racisme et l’antisémitisme n’ont pas été éradiqués dans notre société. L’actualité nous le rappelle à intervalle régulier, le rejet de l’autre en raison de sa couleur de peau, de ses origines ou de ses croyances n’appartient pas encore à une époque révolue.

Oui, la lutte contre le racisme et l’antisémitisme demeure plus que jamais un combat contemporain. Parce qu’en plus d’être une réalité pour des milliers de nos concitoyens de métropole et d’Outre-mer, le racisme et l’antisémitisme ne connaissent aucune frontières géographiques, culturelles ou sociales. Ils se déploient dans tous les pores de notre société et s’inscrivent, pour paraphraser Hannah Arendt, dans « le vide de la pensée ».

Nous devons rester lucides. Parce que les époques changent, la haine s’est elle aussi métamorphosée. Elle a changé de visage. Elle a endossé de nouvelles pratiques. Mais elle n’a pas pour autant baissé en intensité. Les réseaux sociaux sont ainsi devenus un déversoir de propos haineux. Un réceptacle du racisme et de l’antisémitisme mû en caisse de résonance. Ce ne sont pas des opinions, mais bien des délits qui y sont souvent proférés. Des délits sous couvert d’anonymat. Des délits qu’il faut punir et un anonymat qu’il faut lever. Car si les propos haineux, les menaces de mort ou les insultes sont virtuels, les dommages collatéraux et les blessures qu’ils infligent sont quant à eux bien réels.

Cette haine, qui avance à visage masqué ou à visage découvert, se diffuse dès lors partout. Une haine qui blesse toujours ; et tue parfois. Parce que le racisme et l’antisémitisme nous concernent tous, notre devoir républicain est de mener collectivement le combat pour les éradiquer. Car il n’est plus possible qu’en 2021, dans notre pays, certains soient coupables non pas pour ce qu’ils font mais pour ce qu’ils sont.

Il n’est plus possible qu’en 2021, dans notre pays, certains soient coupables non pas pour ce qu’ils font mais pour ce qu’ils sont.

Ce combat constitue une priorité du Président de la République et du Gouvernement. Il se traduit notamment par la mise en place de la plateforme de lutte contre les discriminations que nous avons confiée au Défenseur des droits et qui est opérationnelle depuis le 12 février via www.antidiscriminations.fr et le 39 28. Ce combat passe aussi par la grande consultation citoyenne sur les discriminations que nous lancerons au mois d’avril afin de débattre ensemble – citoyens, associations ou entreprises – et d’élaborer des propositions concrètes pour faire évoluer notre société vers une réelle culture d’égalité et de fraternité.

Le racisme et l’antisémitisme sont bien plus que des entorses à nos valeurs républicaines. Ils en sont la négation.

Enfin, j’ai lancé cette semaine les travaux du prochain Plan national de lutte contre le racisme et l’antisémitisme que je souhaite co-construire en lien étroit avec les associations mobilisées sur ces questions, telles que – entre autres – la LICRA, SOS Racisme, l’UEJF ou les Jeunes chinois de France et que nous présenterons avant l’été.

Le racisme et l’antisémitisme sont bien plus que des entorses à nos valeurs républicaines ; ils en sont la négation. Dans le cadre de la Semaine d’éducation et d’actions contre le racisme et l’antisémitisme, j’ai visité hier le camp de Rivesaltes, symbole des heures sombres et douloureuses de notre histoire, et, malheureux hasard du calendrier, nous avons commémoré cette semaine les assassinats de Mireille Knoll et d’Arnaud Beltrame, deux visages innocents de la flamme de la haine qui reste présente dans notre société.

“Chaque génération doit découvrir sa mission, la remplir ou la trahir”. À nous de la remplir.

J’ai l’intime conviction que c’est ensemble et par des actions concrètes que nous pourrons éteindre cette flamme. Comme le disait Frantz Fanon : « chaque génération doit découvrir sa mission, la remplir ou la trahir ». À nous de la remplir.

Le 26 mars 2021