L’égalité des chances ne doit pas rester une promesse

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Le Président de la République l’a rappelé lors de son allocution au Panthéon vendredi dernier : l’égalité est au cœur du pacte républicain. Inscrite sur les frontons de nos mairies, au centre de notre devise nationale, l’égalité – et avec en sous-titre l’égalité des chances – n’est pas un simple slogan. C’est à la fois un idéal et une promesse. Et c’est l’une des missions essentielles de mon ministère.

La République est à la fois un idéal et une promesse.

Derrière les mots, il s’agit d’offrir les mêmes droits et les mêmes opportunités à chacun. Car la République, « une et indivisible », ne reconnaît que des citoyens. Ce faisant, elle n’enferme pas dans des cases. Elle n’assigne pas. Au contraire, le principe de la République c’est de transcender les genres, les âges, les origines sociales, les couleurs de peau, les orientations sexuelles ou les croyances.

Cet idéal et cette promesse doivent néanmoins trouver des traductions concrètes pour ne pas demeurer des mots posés sur des maux. Trouver des traductions concrètes pour atteindre une équité concrète et effective. Pour cela, nous devons absolument donner plus de chances à ceux qui en ont le moins. Et, en parallèle, lutter contre toutes les formes de discrimination.

Cet idéal et cette promesse doivent trouver des traductions concrètes pour ne pas demeurer des mots posés sur des maux.

Les discriminations sont en effet une réalité dans notre « France plurielle ». Ainsi, en 2018, 16% des Français affirmaient avoir été discriminés et 28% avoir été témoins d’une personne se faisant discriminer. Une réalité dans l’accès à l’emploi, au logement, à la culture, dans l’enseignement supérieur, etc. Une réalité qui blesse, qui crée des injustices individuelles et, par ricochet, qui mine la cohésion nationale. Sans parler de l’aberration économique qu’elle représente : 150 milliards d’euros selon France Stratégie. Voilà le coût des discriminations.      

Depuis 2017, le gouvernement a agi en faveur de l’égalité des chances. Mais du chemin reste à parcourir. C’est l’ambition et le sens des annonces d’Emmanuel Macron hier à Clermont-Ferrand. Il nous faut dès lors redoubler d’efforts :

  • En créant un internat d’excellence par département d’ici 2022. Une initiative qui permet à des jeunes issus de zones rurales ou de quartiers prioritaires d’intégrer un environnement plus favorable pour réussir leurs études
  • En permettant à 180 000 collégiens et lycéens de bénéficier du dispositif des « Cordées de la réussite » qui met en réseau des étudiants de grandes écoles et d’universités avec des collégiens et lycéens issus de quartiers prioritaires ou de zones rurales afin d’introduire une plus grande équité sociale dans l’accès aux formations de l’enseignement supérieur
  • En passant dès l’an prochain à 80 campus d’excellence, ces lieux de formation et d’innovation qui réunissent lycées, universités, entreprises, laboratoires de recherche, et qui sélectionnent les meilleurs élèves de nos territoires les moins favorisés afin de leur permettre de réussir

Dans le contexte de crise sanitaire et économique que nous traversons, l’égalité des chances est donc plus que jamais une priorité. Parce qu’elle ne doit pas rester une promesse de l’aube, nous avons la responsabilité collective de faire sauter les verrous qui bloquent la concrétisation de ce qui nous unit tous les uns aux autres : le pacte républicain.