Place des femmes dans les médias, la culture, le sport

Share on Facebook+1Share on LinkedInShare on Twitter

 

Par les représentations qu’il véhicule, le secteur culturel joue un rôle majeur en matière de promotion de la culture de l’égalité. En lien étroit avec le ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, le ministère de la Culture développe une politique s’investissant dans trois principaux champs d’action :

  • La promotion de l’égalité dans les secteurs culturels ;
  • La lutte contre les inégalités de représentations dans les médias ;
  • La lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Promouvoir la place des femmes dans les secteurs culturels et développer une culture de l’égalité

Dans les secteurs culturels, et alors qu’elles sont majoritaires dans l’enseignement supérieur de la culture, les femmes sont sous-représentées aux postes de direction. Ce déséquilibre se retrouve également dans les programmations culturelles et les consécrations artistiques : en 2020-2021, seulement 30 % des artistes exposés dans les fonds régionaux d’art contemporain étaient des femmes, tandis qu’une seule femme a été primée comme réalisatrice au Festival de Cannes depuis 2010.

La feuille de route du ministère de la Culture

Améliorer la place des femmes dans ces secteurs – qu’il s’agisse de la direction des institutions culturelles, de l’accès à des pratiques culturelles, de l’accès aux moyens de production –  et renforcer leur présence dans les programmations, sont donc des enjeux centraux de la politique culturelle du gouvernement.

À cette fin, le ministère de la Culture a présenté à l’occasion du Comité ministériel pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans la culture et la communication du 14 janvier 2021 la dernière édition de sa feuille de route pluriannuelle (2020-2022) en faveur de l’égalité.

Cette feuille de route ambitieuse égalité s’inscrit dans le cadre des priorités fixées au plan interministériel en matière d’égalité de genre et identifie 5 axes d’amélioration :

  • Lutter contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels ;
  • Mobiliser les établissements d’enseignement supérieur culturel et artistique ;
  • Encourager la production d’enquêtes et d’études pour mieux connaître la place des femmes dans la culture ;
  • Améliorer la part des femmes à la tête et dans les programmations des institutions culturelles ;
  • Encourager et accompagner le conditionnement des aides publiques au respect d’obligations légales et d’engagements spécifiques en matière de présence et de place des femmes et de lutte contre les violences sexuelles et sexistes.

Le ministère de la Culture s’est par ailleurs doté d’outils structurants en matière de développement d’une politique d’égalité femmes-hommes. Ainsi le Comité ministériel pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans la culture et la communication se réunit chaque année. En outre, le ministère de la culture a obtenu en 2017 les deux labels Égalité professionnelle et Diversité.

Enfin, l’Observatoire de l’égalité entre femmes et hommes dans la culture et la communication publie, depuis 2013, un rapport annuel sur les chiffres-clés de l’égalité dans la culture.

Les actions du ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances

Chaque année, le ministère en charge de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances s’engage dans différents partenariats et apporte son concours financier à des projets d’envergure nationale. Les actions menées visent les objectifs suivants :

  • Faciliter l’accès des femmes à des pratiques artistiques et culturelles, via par exemple le soutien à Femmes solidaires, réseau d’associations qui développe des propositions pour les femmes en quartiers politique de la ville ;
  • Accompagner la carrière des femmes dans le secteur culturel (notamment aux postes à responsabilités) et favoriser la mixité des métiers, notamment à travers le soutien à des programmes de mentorat dans le secteur de la musique et de la danse, ou encore au développement d’annuaires professionnels ;
  • Donner une plus grande visibilité au parcours des femmes et à leur création culturelle, grâce à la promotion et diffusion d’œuvres de femmes et au soutien à la présence des femmes dans les programmations. Le ministère contribue également aux actions du Mouvement HF, notamment via les Journées du Matrimoine.
  • Lutter contre les stéréotypes sexistes et développer une culture de l’égalité, dès le plus jeune âge.

À ce titre, le ministère apporte notamment son concours aux initiatives suivantes :

Au niveau local, le réseau déconcentré du Service des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes soutient financièrement des projets culturels portés par des associations et participe à des actions partenariales sur les territoires, notamment avec des Directions régionales des affaires culturelles (DRAC) et des lieux culturels.

La Charte d’engagement pour l’égalité femmes-hommes dans les industries culturelles et créatives

Lors du Forum Génération égalité, organisé à Paris en juin 2021, le ministère en charge de l’Égalité s’est associé au ministère de la Culture et au secrétariat général du Forum pour créer une charte d’engagement des industries culturelles et créatives (ICC) en faveur de l’égalité.

S’adressant à la fois aux gouvernements, aux associations ou aux entreprises, cette charte couvre cinq principaux objectifs :

  • Recueillir des données et des statistiques genrées ;
  • Faire évoluer les représentations genrées et lutter contre les stéréotypes;
  • Favoriser la participation équilibrée des femmes et des hommes à la prise de décision;
  • Prévenir et lutter contre les violences sexuelles et sexistes ;
  • Assurer une communication et un suivi efficaces de ces engagements.

76 institutions et entreprises des secteurs du cinéma, de la musique, de l’audiovisuel, de la publicité, du jeu vidéo et de l’édition, issues de 23 pays, ont à ce jour adhéré à cette charte et se sont engagées à mener des actions concrètes en faveur de l’égalité.

Lutter contre les inégalités de représentation dans les médias

Dans le champ des médias, la question de la représentation des femmes est centrale : en 2019, la part des femmes intervenant à la télévision de 18 h à 20 h était en moyenne de 40 % avec un temps de parole de seulement 35 %. Au-delà de la parité de représentation et de temps de parole, les médias peuvent être vecteurs de stéréotypes et images dégradantes, notamment à la télévision ou dans les publicités, mais aussi sur internet.

Le rôle du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA)

Face à ce constat, la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes a renforcé les pouvoirs du CSA et a permis de créer les conditions pour des avancées décisives sur la représentation et l’image des femmes à l’antenne :

  • Elle précise les programmes relatifs à la lutte contre les préjugés sexistes et les violences faites aux femmes ;
  • Elle fixe les indicateurs qualitatifs et quantitatifs sur la représentation des femmes et des hommes dans les programmes ; 
  • Elle encourage les diffuseurs à souscrire des engagements volontaires chaque année.

La loi du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et la citoyenneté vient conforter le rôle du CSA en lui confiant une nouvelle mission de contrôle des messages publicitaires de la communication audiovisuelle portant sur l’image des femmes.

Par ailleurs, le CSA produit depuis 2016 un rapport annuel relatif à la représentation des femmes dans les programmes de télévision et de radio, à partir des données fournies par les médias.

Enfin, la loi du 24 juin 2020 visant à lutter contre les contenus haineux sur internet a permis la création d’un Observatoire de la haine en ligne. Placé auprès du CSA, celui-ci est chargé du suivi et de l’analyse de l’évolution des contenus haineux sur les réseaux sociaux, de prévention auprès des jeunes des images choquantes, dégradantes ou/et pornographiques, de promotion de l’image des femmes et de celles-ci dans les métiers de la culture et des médias.

Rapport Calvez sur la place des femmes dans les médias en période de crise

Le ministère de la Culture et le ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances ont reçu, le 9 septembre 2020, le rapport de la députée Céline Calvez sur la place des femmes dans les médias en période de crise.

Le travail mené par Céline Calvez dans le cadre de la mission confiée par le Premier ministre permet de dresser un état des lieux de la représentation des femmes dans les médias audiovisuels et la presse écrite. Le rôle majeur joué par ces médias auprès des Françaises et des Français au plus fort de la crise sanitaire a mis en évidence la trop faible visibilité qu’ils accordaient aux femmes. Analysant les causes de ces déséquilibres, le rapport de Céline Calvez formule 26 préconisations visant à renforcer l’égalité entre les femmes et les hommes dans les médias.

Six mois après la remise du rapport, sur les 26 préconisations formulées afin de renforcer durablement la visibilité des femmes dans les médias, 24 ont été retenues par les ministres et constituent leur plan d’action pour le renforcement de la place des femmes dans les médias.

Parmi les recommandations concernant les pouvoirs publics, trois d’entre elles ont déjà été mises en œuvre et sept sont en cours de déploiement.

Lutter contre les harcèlements et les violences sexistes et sexuelles dans la culture et les médias

Suite à l’affaire Weinstein et au lancement du mouvement #MeToo, le ministère de la Culture a affirmé son engagement en faveur de la lutte contre le harcèlement et pour une réelle égalité entre les femmes et les hommes.

La feuille de route 2020-2022 du ministère de la Culture comprend des mesures pour renforcer la lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans l’ensemble des secteurs de la culture et dans les établissements de l’enseignement supérieur culturel :

  • Lancement d’une enquête interne sur la perception des violences et harcèlements sexuels et sexistes dans les établissements de l’enseignement supérieur de la Culture et mise en place des procédures d’enquêtes administratives, de signalements judiciaires et d’actions de formation ;
  • Mise en œuvre de la conditionnalité des aides versées par le Centre national du cinéma et de l’image animée au respect, par les employeurs du cinéma, de l’audiovisuel, du jeu vidéo et de la création numérique, de leurs obligations légales en matière de prévention des violences sexuelles ;
  • Mise en œuvre d’une démarche similaire au sein du Centre national de la musique.

La Charte Pour les femmes dans les médias, contre le harcèlement et les agissements sexistes dans les médias

Le 13 mars 2019, à l’initiative de l’association Pour les femmes dans les médias (PFDM), la Charte éponyme, visant à lutter contre le harcèlement sexuel et des agissements sexistes dans les médias a été signée, en présence du ministre de la Culture, par 18 représentantes et représentants de grandes entreprises de médias (radios, télévisions, maisons de production et agences audiovisuelles). En janvier 2020, 59 nouvelles entreprises ont signé la charte PFDM.

Cellules d’écoute et de signalement

Le ministère a créé dès janvier 2017 une cellule d’écoute et de traitement des discriminations se déroulant au travail, étendue depuis 2018 aux cas de violences sexistes et sexuelles. Ce numéro est accessible à tous les agents du ministère, des établissements publics, des écoles d’enseignement supérieur (personnel et élèves).

Par ailleurs, en partenariat avec la Fédération des entreprises du spectacle vivant, de la musique, de l’audiovisuel et du cinéma, cinq organisations syndicales, le CNC, le CNM et Audiens, une cellule d’écoute à destination des victimes ou des témoins de viol, de harcèlement sexuel, de violences sexistes et sexuelles en milieu professionnel a été mise en place en 2020 dans le secteur du spectacle vivant, de l’audiovisuel ou du cinéma.

Elle est joignable au 01 87 20 30 90.

Place des femmes dans le sport

La pratique sportive féminine diffère encore sensiblement de la pratique masculine, qu’il s’agisse des disciplines choisies, de l’intensité des activités, des lieux de pratique ou encore de l’engagement dans la compétition. Les femmes sont également largement sous-représentées dans les instances dirigeantes, aux postes d’encadrement technique, de fonction d’arbitrage ou de juge.

Dans ce contexte, le ministère des sports poursuit l’objectif d’une plus grande égalité entre les femmes et les hommes dans le sport, que ce soit dans l’accès aux pratiques sportives, aux métiers du sport, aux responsabilités ou à la médiatisation du sport. Il est également engagé dans la lutte contre toutes les formes de discriminations dans le sport, y compris le sexisme et les violences faites aux femmes.

Promouvoir la place des femmes et l’égalité entre les femmes et les hommes dans le sport

La féminisation des instances dirigeantes

La loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes a permis de considérablement faire progresser la féminisation des instances dirigeantes des fédérations sportives agréées, en introduisant une évolution vers la parité dans les modalités de désignation des représentants. Elle garantit ainsi un minimum de représentation de 25 % pour les deux sexes, et impose la parité à toutes les fédérations ayant déjà atteint ce quota. À ce jour, sur les 110 fédérations sportives, seules 8 ne se sont pas mises en conformité avec la loi. 

La Conférence permanente du sport féminin

Installée le 5 septembre 2017 par les ministres chargées des sports et de l’égalité entre les femmes et les hommes, la Conférence permanente du sport féminin (CPSF) contribue à une meilleure connaissance de la place du public féminin dans les pratiques sportives. Elle vise aussi à améliorer l’accompagnement des femmes vers l’accession à des postes à responsabilité, une meilleure structuration et une professionnalisation du sport féminin.

La CPSF a tenu sa deuxième réunion plénière le lundi 28 janvier 2019 au ministère des Sports. Ce temps d’échange a permis aux différents membres de la CPSF de faire le bilan des travaux conduits et de présenter leurs préconisations, notamment en faveur de la médiatisation du sport féminin.

Le Label Égalité et lutte contre les discriminations pour les Grands événements sportifs internationaux

Dans la perspective des Jeux olympiques et paralympiques, organisés à Paris en 2024, et dans le cadre du plan Héritage de l’État annoncé en 2019 par le Premier ministre, le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, en collaboration avec le ministère des Sports, a souhaité l’élaboration d’un label visant à promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes et à lutter contre les discriminations dans les grands événements sportifs.

Les Jeux de Paris 2024, qui seront les plus inclusifs de l’histoire olympique, constitueront le premier évènement d’ampleur internationale à s’engager dans ce processus de labellisation. Le label permettra de fournir un outil méthodologique clé en main, utilisable par les organisateurs de grands événements sportifs internationaux se déroulant sur le territoire national.

Faire progresser la médiatisation du sport féminin

La médiatisation du sport féminin progresse lentement : elle représente entre 16 % et 20 % du volume horaire de diffusion de retransmissions sportives en 2018, contre 14 % en 2014 et 7 % en 2012.

Pour améliorer la visibilité et l’image des sportives dans les médias, afin de donner à voir de nouveaux modèles, promouvoir des disciplines sportives peu pratiquées chez les femmes, développer de nouvelles pratiques et combattre des représentations stéréotypées, la loi du 4 août 2014 renforce les pouvoirs du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) en matière d’égalité, dans l’objectif d’une plus large diffusion des événements sportifs féminins.

L’opération Sport Féminin Toujours

Première mesure concrète proposée par la Conférence permanente du sport féminin, l’opération Sport Féminin Toujours, portée par le CSA en partenariat avec le ministère des Sports et le ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances est depuis 2018 le rendez-vous annuel pour donner un nouvel élan à la médiatisation du sport féminin.

Temps de sensibilisation impliquant tous les médias, qu’ils soient audiovisuels, radiophoniques, relevant de la presse écrite ou encore du numérique, du niveau national ou local, l’objectif poursuivi est d’améliorer la visibilité et l’image des filles et des femmes dans le sport. L’opération Sport Féminin Toujours s’est déroulé pour la quatrième année consécutive en janvier 2021.

Prévenir et lutter contre les violences sexuelles dans le sport

Dans un contexte de libération de la parole, le ministère des Sports a lancé le 21 février 2020 une première convention sur la prévention des violences sexuelles dans le champ du sport. L’objectif de cette journée : donner une suite pérenne à cette libération, au-delà de la prise de conscience qu’elle a pu susciter au sein du mouvement sportif.

La deuxième convention sur la prévention des violences sexuelles dans le champ du sport, qui s’est tenue le 2 avril 2021 et qui a réuni plusieurs membres du gouvernement, a permis de rendre compte des actions réalisées, parmi lesquelles :

  • Le lancement d’un plan de prévention des violences sexuelles accompagné d’un kit de sensibilisation à destination des encadrants, éducateurs, bénévoles et familles. Il détaille les différentes caractérisations des violences sexuelles, les signaux de détresse à repérer ou encore la nécessité de signaler tout abus ;
  • La mise en place, en interne d’ une cellule de traitement des signalements que les acteurs du sport sont invités à saisir. Celle-ci est joignable à l’adresse signal-sports@sports.gouv.fr.