Des ateliers pour déconstruire le sexisme dès le collège

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sexisme-initiativesDans le Val d’Oise, l’association En avant toute(s) propose des ateliers autour de l’égalité entre les femmes et les hommes pour prévenir les situations de sexisme et de violences conjugales. Son action auprès des collégien.ne.s se prolonge à travers un site internet. Zoom sur cette initiative labellisée « Sexisme, pas notre genre » par le ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes dans le cadre de sa campagne contre le sexisme.

« Les garçons pensent souvent avoir le droit de dominer les filles. Cette opinion est le terreau du sexisme et des violences conjugales », constate Louise Delavier, chargée de projet et responsable de la communication de l’association En avant toute(s). Pour rompre avec cette situation, l’association mène des actions de prévention dans les collèges afin de déconstruire ces comportements sexistes et de sensibiliser chacun.e à l’égalité entre les filles et les garçons.

« C’est primordial de s’attaquer à la source du problème. Le collège est le moment où les adolescent.e.s commencent à avoir leurs premières relations, à envisager le couple et aussi à poser un regard critique sur la société. Et les jeunes sont les adultes de demain, les acteur.rice.s du changement des constructions sociales pour stopper les mécanismes de violence », analyse la responsable. Le principe : des interventions dans des classes de 4e et de 3e de collèges du Val d’Oise*. En plus de ces séries de 3 ateliers de 2 heures, l’association propose également un site internet pédagogique destiné aux jeunes. Décryptage de cette démarche.

Des ateliers participatifs

 

Atelier-jeune-sexismeL’association En avant toute(s) va à la rencontre des jeunes au travers d’ateliers réalisés directement en classe. « En se présentant, on n’indique jamais qu’on va parler du sexisme. Sinon les jeunes se braquent, précise Louise Delavier. On ne cherche pas à faire un cours… mais à valoriser la liberté de parole des collégien.ne.s. »

Pour y parvenir, des règles sont fixées : ne pas couper la parole, s’écouter, ne pas se moquer, éviter les propos généralisant sur les filles et les garçons et respecter la règle de confidentialité sans répéter les conversations.

Plusieurs méthodes permettent de déconstruire le sexisme souvent déjà ancré chez les jeunes. Lors d’un 1er atelier, la classe est séparée en 2 groupes, les garçons d’un côté, les filles de l’autre. « Un brainstorming est réalisé : chaque élève écrit un mot caractérisant les relations entre les filles et les garçons sur un paperboard. Par exemple, « jalousie », « amitié »sexisme-initiatives, « sexe », « rumeur » ou « réputation ». On les interroge sur leurs choix et on déconstruit les propos sexistes en introduisant la notion d’égalité entre les genres », raconte la chargée de projet. La classe réunie débat ensuite du sexisme et des inégalités entre les genres.

Un autre atelier repose sur le théâtre-forum, un atelier de théâtre interactif basé sur des situations de sexisme ou de violences au sein du couple. Aidé.e.s par 2 intervenant.e.s, les élèves étudient, mettent en scène et jouent des scénarii sur des sujets tels que la question du consentement lors d’une relation sexuelle. Ils.elles doivent également trouver des solutions aux difficultés auxquelles les personnages font face. « Avec ces ateliers, notre objectif est de planter des graines pour les aider dans le futur à réagir et trouver des solutions non-violentes afin de sortir de l’oppression », souligne Louise Delavier.

Un site adressé aux jeunes

 

Et en dehors des ateliers proposés par l’association, comment font les jeunes pour obtenir des solutions en cas de difficultés dans leur couple ? « Les adolescent.e.s ne vont pas demander d’aide aux associations spécialisées sur les questions de violences conjugales ou appeler le 3919. Les jeunes femmes évoquent des problèmes dans leur couple sur Internet, mais sans jamais parler de violence conjugale comme elles n’en ont pas conscience. Cependant, ces sites ne s’adressent pas au public d’adolescentes », pointe la chargée de projet.

Pour y remédier, l’association En avant toute(s) propose, en complément de ses ateliers, une plateforme en ligne mixant tchat, quiz, vidéos et témoignages. Le style : un ton rappelant celui des magazines féminins avec des articles déconstruisant les comportements sexistes tels que « Comment va mon couple ? » ou encore des tests pédagogiques autour des idées reçues (« Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus ? »).

« Ces supports sont une manière détournée d’aborder la violence conjugale. Nos questions s’inspirent de notre expérience de terrain avec l’observation de comportements perçus comme romantiques par les jeunes alors qu’ils relèvent d’une emprise ou de la jalousie », explique Louise Delavier.

De nouvelles vidéos inédites, réalisées par l’association En avant toute(s), vont enrichir le site au cours de l’année.

 

* Ces interventions ont été préparées avec la section « Prévention » de l’association Du Côté des Femmes (95) qui a formé les intervenant.e.s et a produit les outils.