Le Gouvernement publie les données concernant les violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire

Communiqué de presse

Publié le | Temps de lecture : 4 minutes

Conformément à leurs engagements, le ministère de l’Education nationale et le ministère de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations publient pour la première fois ce mercredi 28 janvier 2026 les données concernant les violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire, issues d’un travail conjoint entre l’Observatoire national des violences faites aux femmes et la DEPP, le service statistique du ministère de l’Education nationale.

Les résultats montrent que les violences sexistes et sexuelles apparaissent dès l’école élémentaire, s’intensifient à l’adolescence et touchent davantage les filles à mesure que l’âge et le niveau scolaire augmentent.


En CM1-CM2, filles et garçons, sont exposés aux violences sexuelles dans des proportions comparables : 15 % des élèves déclarent avoir été victimes de voyeurisme dans les toilettes et 8 % avoir été embrassés de force au moins une fois au cours de l’année scolaire.


Au collège, 15 % des filles et 12 % des garçons déclarent avoir été exposés à au moins une forme de violence sexuelle. Ces faits ne sont donc en rien des faits isolés, ils touchent tous les élèves, filles comme garçons, à tous les âges et dans tous les établissements qu’ils soient publics ou privés sous contrat.


L’adolescence apparait comme un véritable point de bascule. Les inégalités face aux violences à caractère sexuel se creusent au lycée, où les filles sont très largement sur-représentées parmi les victimes. Cet écart s’accompagne d’un sentiment d’insécurité plus marqué, notamment aux abords des établissements scolaires et dans les transports. Les violences ont des impacts directs sur la scolarité : 1 lycéenne sur 10 déclare s’être déjà absentée de son établissement par peur au moins une fois au cours de l’année scolaire.


Les réseaux sociaux sont aujourd’hui un puissant facteur d’amplification de ces violences. Plus de 130 000 adolescents ont été exposés contre leur gré à des contenus sexuels en ligne. Près d’un tiers des collégiennes (30,6 %) et plus d’un quart des collégiens (26,2 %) déclarent avoir été victimes de cyberviolences. Les réseaux sociaux contribuent à la propagation de discours et de croyances qui remettent en cause l’égalité entre les femmes et les hommes et alimentent des comportements violents, en particulier à l’encontre des filles. Cette exposition précoce banalise le sexisme et renforce les violences sexistes et sexuelles, soulignant la nécessité d’une
régulation renforcée des plateformes numériques pour les plus jeunes et leur interdiction avant 15 ans.


Face à ces constats, l’École occupe une place centrale pour prévenir, repérer et combattre les violences sexistes et sexuelles. Cela passe notamment par le déploiement des programmes d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité, afin de faire vivre au quotidien l’égalité, le respect et de faire du consentement une valeur fondamentale. Le ministre de l’Education nationale et la ministre l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations rappellent leur engagement total à faire respecter l’application de ces programmes.


L’École de la République doit être un rempart inébranlable contre toutes les formes de violences : un lieu où l’on apprend à grandir libre, respecté et protégé. Le Gouvernement est pleinement mobilisé pour garantir ce cadre et agir concrètement, dès le plus jeune âge, contre les violences sexistes et sexuelles.


« Garantir à chaque élève un cadre d’apprentissage pleinement sécurisé, respectueux et protecteur est une exigence absolue de l’École. En objectivant les violences sexistes et sexuelles, nous nous donnons les moyens de mieux les prévenir et de mieux protéger les victimes. L’Éducation nationale renforce en permanence ses dispositifs de prise en charge et de signalement de ces faits, pour y répondre avec fermeté. » 

Édouard Geffray

 


« L’École de la République est un lieu de savoir, d’émancipation et de protection. Or aujourd’hui, encore trop d’élèves et notamment des filles, y subissent des atteintes et des violences inacceptables. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, le déni n’est pas possible. La lutte contre ces violences en milieu scolaire est indissociable de notre ambition pour une égalité réelle entre les femmes et les hommes. Prévenir dès le plus jeune âge, former, protéger, accompagner les victimes, sanctionner les auteurs : nous sommes pleinement engagés dans ce combat. » 

Aurore Bergé

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