Les chantiers d’insertion « Équipes vertes » : Pierre-Étienne Vuillemin s’engage pour plus de parité en matière d’insertion professionnelle

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En milieu rural, l’activité professionnelle est bien souvent une affaire de genre. L’insertion professionnelle est l’occasion de faire évoluer les mentalités. Et d’offrir de nouvelles perspectives aux femmes.

Pourquoi vous êtes-vous engagé en faveur d’une plus grande égalité femmes-hommes en matière d’insertion professionnelle ?

Parce que la parité est devenue une évidence ! Je travaille au sein d’une structure d’insertion professionnelle dont l’une des activités est la gestion des espaces verts. Nos « équipes vertes » réalisent des travaux de débroussaillage, de réfection de murets ou encore de plantation de massifs. Il y a encore peu, nos équipes étaient strictement masculines, car nos prescripteurs et nous-mêmes avions l’habitude de considérer ces activités comme inadaptées aux femmes. Puis il y a cinq ans, la lecture d’un audit sur l’insertion professionnelle nous a bousculés, nous forçant à nous interroger : qu’est-ce qui nous empêche d’intégrer des femmes dans nos équipes ? Il nous est apparu que les seuls freins étaient d’ordre culturel. Nous avons donc travaillé à la constitution d’équipes mixtes. Et devinez quoi ? Il n’y a eu aucun problème ! Simplement des ajustements, comme l’aménagement d’un nouveau vestiaire, l’utilisation de nouvelles machines et une réorganisation des horaires de travail.

 

Les chantiers d’insertion « Équipes vertes »

L’Adapemont, structure associative implantée dans le Jura depuis plus de 35 ans, mène une action locale d’accompagnement vers l’emploi et d’animation du territoire.  

Ses chantiers d’insertion emploient 50 personnes, avec un cœur de métier lié aux espaces verts et à l’agriculture.

Pour en savoir plus sur cette initiative, rendez-vous sur www.adapemont.fr

Quels ont été vos succès ? Vos obstacles ?

Aujourd’hui, des femmes sont chefs d’équipe et les mentalités ont clairement évolué. Au final, la mixité a permis de gagner en créativité. La limite à la parité est pour nous liée à la nature même de nos activités. La manipulation de certaines machines exige encore de la force, si bien qu’aujourd’hui, il est irréaliste de vouloir atteindre une parité stricte entre les femmes et les hommes. Mais les machines évoluent. Donc, rien n’est figé !

 

Vos trois conseils à celles et ceux qui souhaitent développer des projets similaires ?  

Je conseillerais tout d’abord de s’interroger sur nos préjugés, sur notre cadre culturel. Est-il vraiment justifié qu’un métier soit réservé à une femme ou un homme ? Deuxièmement, il faut regarder les ingrédients que l’on a devant soi. Parfois, il n’y a peut-être pas besoin d’intégrer de nouveaux éléments, mais simplement de penser autrement. Enfin, il faut accompagner le changement par la parole et l’écoute : échanger avec tous les acteurs, l’encadrement et les salariés, de manière à ce que chacun puisse trouver sa place au sein d’un système qui fonctionne.  

 

*Pierre-Etienne Vuillemin, Directeur de l’Adapemont