Parité en entreprise : accélérons !

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La crise de la Covid-19 a jeté une lumière crue sur les inégalités entre les femmes et les hommes. Parce qu’elles sont un miroir de notre société, les entreprises en demeurent l’un des foyers. La situation est pourtant paradoxale. Alors que nous n’avons certainement jamais autant parlé et agi en faveur de l’égalité femmes-hommes, soyons lucides : nous avançons encore trop lentement.Les chiffres sont en effet éloquents. Les écarts de rémunérations se hissent à des niveaux élevés en France : 24% au global et 9% à poste équivalent. En 2018, les femmes ne représentaient que 27% des dirigeants d’entreprise et 30% des créateurs d’entreprise. La même année, elles étaient 30% à travailler à temps partiel contre à peine 8% pour les hommes.Et si nous pouvons nous réjouir que la France soit championne d’Europe en termes de féminisation des conseils d’administration de ses grands groupes depuis la mise en place de la loi Copé-Zimmermann il y a dix ans, force est de constater que pour les entreprises de taille inférieure ainsi que pour les instances de direction en général, beaucoup de chemin reste à parcourir. Dans l’industrie par exemple, les femmes représentent à peine 20% des membres des comités exécutifs. Enjeu éthique, la parité est aussi un enjeu économique. Selon l’étude « Women Matter » menée par McKinsey, les entreprises disposant d’un comité exécutif paritaire affichent des revenus supérieurs de 55% en moyenne à leurs concurrentes. Autrement dit, une entreprise qui diversifie son recrutement accroît mécaniquement son vivier de talents et, par ricochet, ses performances. D’une manière plus large, selon l’OCDE, si le fossé qui sépare les femmes et les hommes dans le monde du travail venait à s’estomper, on enregistrerait un gain de croissance de 12% du PIB mondial. À un moment où la crise économique découlant de la Covid-19 s’annonce brutale, cette opportunité ne peut passer au second plan.Les racines de ces disparités sont profondes. Elles naissent sur le terreau des stéréotypes. Des stéréotypes tenaces qui enferment, qui inhibent. Une machine à fabriquer des inégalités que l’on peut pourtant corriger. À l’école, dès le plus jeune âge bien entendu en déconstruisant les clichés ou les représentations négatives, mais aussi après au cours de la vie professionnelle en sensibilisant les recruteurs et aussi – et peut-être avant tout ! – les dirigeants d’entreprise. Je l’ai observé durant ma vie antérieure et je l’ai dit hier au MEDEF : ce changement des mentalités, cette lutte pour l’égalité avec « E » majuscule fonctionne. Nous devons toutefois absolument l’amplifier.  

Trop longtemps marginalisé, le féminin doit impérativement retrouver un statut non pas identique mais symétrique au masculin. Parce qu’elles sont à la fois la matrice et le réceptacle des mutations de notre temps, les entreprises sont au cœur de cette bataille. Elles se doivent d’accompagner voire d’impulser les changements nécessaires à une meilleure égalité. Il s’agit à la fois d’une responsabilité mais avant tout d’une chance. La chance de pouvoir contribuer à la redéfinition positive du monde dans lequel nous vivons. Saisissons-la !