Merci Madame Halimi.

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Cette semaine, Gisèle Halimi nous a quittés. Et avec elle, c’est un pan de l’histoire du féminisme qui rentre au Panthéon de notre mémoire collective. C’est pour cela que je tenais à lui rendre hommage. Féministe, Gisèle Halimi le fut dès son plus jeune âge, dans la périphérie de Tunis. À l’âge de 13 ans, elle entame une grève de la faim afin de ne plus avoir à faire le lit de son frère. Ses parents finissent par céder. Le soir, elle griffonne alors dans son journal intime ce qui, sans le savoir, constituera le fil rouge de sa vie : « aujourd’hui, j’ai gagné mon premier petit bout de liberté ». Trois ans plus tard, elle s’opposera à nouveau à ses parents en refusant un mariage arrangé.Gisèle Halimi ne cessera de se battre pour que nous, femmes, gagnions « nos petits bouts de liberté ». Sa vie fut un engagement permanent ; une lutte sans répit. Son destin – exceptionnel – s’est forgé dans le sillon de ses combats.

Défenseuse passionnée, vigie obstinée, rebelle infatigable, militante tenace, elle a utilisé toutes les voies possibles pour que les femmes soient libres de leurs choix et de leurs corps : le droit, la littérature et l’engagement politique.

Ses combats demeurent contemporains. Si notre société a évolué depuis le procès de Bobigny dont elle fut la voix et le visage, si les femmes ont gagné en liberté et en dignité depuis le « manifeste des 343 », deux combats dont les retentissements firent basculer le droit à l’IVG, les enjeux sont encore nombreux. Lutte contre les violences conjugales, harcèlement, PMA, égalité professionnelle, etc., un long chemin reste à parcourir. Nous ne devons pas baisser les bras.

Pour honorer la mémoire de celle qui n’a jamais délié sa vie de ses engagements, nous devons continuer à agir. Et, comme elle nous y invitait constamment, à ne jamais nous résigner.

Parce que la question de l’égalité entre les femmes et les hommes est universelle, c’est ensemble que nous devons mener ce combat. Et c’est ensemble que nous le gagnerons.

Merci Madame Halimi.