Les sciences et techniques, c’est aussi une affaire de femmes

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© Eelke via Flickr CC BY 2.0

Donner des indicateurs clés pour agir en faveur de l’égalité, de la mixité entre les hommes et les femmes dans les métiers scientifiques et techniques : c’est l’objectif de l’enquête annuelle Gender Scan réalisée par le cabinet d’étude Global Contact. Décryptage de cette initiative labellisée « Sexisme, pas notre genre » par le ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes dans le cadre de sa campagne de lutte contre le sexisme.

La féminisation des formations scientifiques et techniques dans le monde n’a progressé que de 4 points en 10 ans pour atteindre 34% ! « À ce rythme, 40 ans seront nécessaires pour atteindre la parité », pointe l’enquête annuelle Gender Scan(1) sur l’emploi et la formation des femmes et des jeunes dans ces filières, en France et dans le monde(2). Face à ce constat, « il faut agir pour renforcer la place des femmes », déclare Claudine Schmuck, fondatrice du cabinet d’études Global Contact à l’origine de cette initiative.

Identifier les priorités

Pour interpeller les entreprises ou encore la société civile sur la sous-représentation des femmes dans les secteurs scientifiques et techniques, des indicateurs clés sont dévoilés chaque année grâce à l’enquête online réalisée en France depuis 2008 et dans le monde depuis 2015. Ces données permettent de décrypter les tendances réelles de la situation des femmes.

Par exemple le numérique, secteur au cœur de la transformation de la société où existent de nombreuses opportunités d’emploi, attire peu de femmes, selon l’étude. « Elles représentent moins de 15% des effectifs diplômés. C’est un secteur dans lequel il faut intervenir en priorité ! », souligne la responsable.

Repérer les bons leviers

L’étude analyse aussi la situation professionnelle et l’insertion des femmes dans ces métiers. Il y a 33% de femmes en France dans les sciences dures. Mais entre 45 ans et 50 ans, 15% à 30% de ces femmes changent de secteur. Les employeurs désirant réduire ces défections peuvent trouver grâce à cette enquête des leviers et des outils pour les aider et plus largement renforcer la féminisation de leurs équipes. « À partir des réponses des salariés, l’enquête permet de regarder ce qui marche ou non, explique Claudine Schmuck. Ainsi, on voit bien qu’une plus grande flexibilité et souplesse dans l’organisation du travail aide à résoudre de nombreux problèmes, tout en favorisant de meilleures performances des entreprises. »

Mobiliser la jeunesse

Global Contact agit également sur le terrain avec le concours Science Factor qui réunit des collégiennes et des lycéennes de toute la France autour de projets d’innovation citoyenne. Plusieurs centaines de jeunes participent chaque année. Chaque équipe est pilotée par une fille. Des rencontres nationales pour les jeunes avec des femmes qui étudient ou travaillent dans les secteurs et métiers scientifiques ou techniques sont proposées au fil de l’année. Les résultats de la 5e édition de Science Factor seront annoncés le 7 mars 2017.

 

 


(1) Gender Scan, intitulé Mutationnelles les années précédentes.

(2) L’étude 2015 a été réalisé auprès de 2816 femmes et hommes diplômés, dont 992 actifs dans les secteurs scientifiques et techniques, de 83 pays, du 1er mai au 30 juin 2015.