Projet de loi portant sur les emplois d’avenir

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Le projet de loi relatif aux emplois d’avenir a été l’occasion pour le gouvernement de mettre en place les études d’impact relatif à l’égalité entre les femmes et les hommes, comme cela est prévu par les circulaires du Premier ministre.
C’est une avancée importante que nous allons consolider dans les prochains jours en enrichissant progressivement la méthode pour la systématiser conformément aux orientations de la circulaire.
Ainsi, en France métropolitaine on compte en 2011 1,6 million de jeunes de 16 à 25 ans sortis de formation initiale avec au plus un CAP ou BEP, dont 860 000 jeunes sont sans diplôme ou avec le seul brevet. 470 000 de ces jeunes de 16 à 25 ans sortis de formation initiale sans diplôme ou avec le seul brevet ne sont ni en emploi ni en formation.  Parmi ces 470 000 jeunes, 53% sont des hommes (les hommes sont plus nombreux parmi les chômeurs et les femmes parmi les inactifs). Ce sont ces jeunes filles et ces jeunes garçons qui rencontrent le plus de difficulté dans pour accéder à un emploi durable.

S’agissant des femmes, l’étude d’impact rappelle qu’elles sont minoritaires dans l’accès aux contrats aidés actuels du secteur marchand (42% en 2011), alors qu’elles accèdent plus facilement aux contrats aidés du secteur non marchand (en 2011, 62% des entrants).
Si l’on considère les contrats aidés actuels, les femmes s’insèrent généralement mieux que les hommes à la sortie d’un contrat aidé du secteur non marchand (43,8% des femmes contre 36,6 % des hommes ont un emploi durable 6 mois après leur sortie de contrat aidé parmi les sortants de 2010). En revanche, pour les contrats aidés du secteur marchand, le résultat est variable en fonction des années : les femmes sont mieux insérées en 2008, mais moins bien en 2010. Les raisons de ces différences seront approfondies et viendront nourrir les actions d’accompagnement effectuées par les prescripteurs auprès des jeunes en emploi d’avenir.
C’est une difficulté à la fois parce que les contrats aidés dans le secteur marchand permettent d’obtenir de meilleurs résultats en matière d’insertion durable, mais aussi parce que cela traduit une orientation vers des métiers portés notamment par des associations qui sont souvent déjà très féminisés. Aussi l’étude d’impact indique qu’une attention sera portée dans le pilotage du dispositif emploi d’avenir pour éviter de retrouver cette distorsion dans l’accès aux contrats par secteur entre femmes et hommes. Au-delà de cet équilibre global cette attention portera sur l’orientation proposée aux jeunes femmes afin de favoriser une répartition entre les différents secteurs d’activité où seront créés des emplois d’avenir et d’éviter une orientation systématique vers les secteurs  déjà très féminisées.

L’accompagnement globaldes jeunes femmes est aussi mentionne comme un point de vigilance particulier, notamment lorsque des problèmes particuliers seront identifiés nécessitant le cas échéant l’accompagnement du tissu associatif, et pour lever des freins connexes spécifiques (problème de garde d’enfants par exemple) qui renforcent leur difficulté à accéder à un emploi.

Emploi d’avenir professeur
Les femmes sont majoritaires dans les formations universitaires de niveau Licence (56,5% de femmes) encore plus au niveau Master (59,5% de femmes). En cursus L, leur part varie fortement selon les disciplines ; elle est proche de 70% en lettres, langues, SHS, légèrement supérieure à 60% en sciences de la vie, mais est inférieure à 30% en sciences fondamentales. Les écarts sont encore plus marqués en cursus Master. Elles représentent 63% des boursiers étudiant à l’université (hors IUT).
Elles représentent, par ailleurs, 71,34% des lauréats aux concours externes d’accès aux corps enseignants.
30 mois après l’obtention du master, les femmes, qui représentent un peu plus de la moitié des diplômés dans le champ de l’enquête, ont un taux d’insertion moyen très légèrement inférieur à celui des hommes : 91 % contre 92 % pour ces derniers. Cette petite différence, toutefois, est entièrement expliquée par le fait que les femmes sont largement majoritaires dans les filières moins porteuses puisqu’elles représentent 80 % des diplômés en Lettres, Langues, Arts et 73 % des diplômés en Sciences humaines et sociales, contre 56 % en moyenne.
En revanche leurs conditions d’embauche sont sensiblement moins favorables que celles des hommes : moins d’emplois de niveau cadre ou profession intermédiaire (86 % contre 93 %), moins d’emplois stables (70 % contre 80 %), moins d’emplois à temps plein (92 % contre 97 %). Cette fois les différences ne s’expliquent pas par leur prédominance dans les filières moins porteuses puisqu’elles sont sensibles, à des degrés divers, dans toutes les filières.