Victimes : osez dire non !

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Bien sûr, les conseils exprimés ici ne sont que des clés de réaction possibles.
Chaque personne et chaque situation étant unique, ils ne pourront sans doute pas être utilisés dans tous les cas de figure.
Néanmoins, plusieurs grands types de réactions sont possibles :

– Commencer par exprimer fermement son refus.
Dire « Non » à haute et intelligible voix, énoncer au harcèleur les motifs de votre gêne.
« Ne me touchez pas la cuisse comme ça ! »
« Ecartez-vous, il y a plein de places plus loin dans le wagon ! »
« Je vous ai déjà dit non, arrêtez d’insister ! »

– Expliquez en quoi ce type de comportement est inacceptable.
« Ce commentaire est plus que déplacé, ça s’appelle du harcèlement et pas de la drague »
« Vous croyez que je vais vous laisser me siffler longtemps comme ça ? Je ne suis pas un chien alors stop ! »
« Vous savez que me toucher les fesses comme ça peut vous valoir 5 ans de prison ? »

– Dégagez-vous sans ménagement de la situation de proximité physique qui vous est imposée.
Repoussez l’agresseur, enlevez sa main, récupérez l’espace qui est le vôtre.

– Interpellez les autres passagers : ensemble on est toujours plus fort.
« Eh, vous ne voyez pas qu’il me touche ?! »
« Ca dérange personne que ce mec me traite de pute parce que je ne lui donne pas mon numéro ? »
« Quelqu’un veut bien dire à cet homme d’arrêter ? Moi il ne m’écoute pas ! »

– Si personne ne réagit, adressez-vous à une personne bien identifiée : une demande qui vous est adressée personnellement sans équivoque est difficile à ignorer.
« Monsieur avec la veste rouge : et s’il parlait comme ça à votre fille, ça vous plairait ? »
« Madame, votre livre a l’air passionnant, mais pourriez-vous m’aider à me débarrasser de cet homme ? »
« Monsieur, appelez le contrôleur s’il vous plaît, j’ai un problème. »

– Menacez le harceleur, et mettez votre menace à exécution.
« Très bien je vais appeler la police dans ce cas, ne croyez pas que je vais me laisser faire. »
« Vous voyez je suis en train d’appeler le numéro d’urgence, on verra ce que pensent les secours de votre attitude. »
« Non je ne vous donne pas mon numéro, mais donnez-moi le vôtre, ça facilitera le travail de la police. »

L’importance de signaler une agression

Tout acte sexuel (attouchements, caresses, pénétration…) commis avec violence, contrainte, menace ou surprise est interdit par la loi et sanctionné pénalement.
Le harcèlement sexuel est également interdit et puni. Par ses paroles et/ou son comportement, l’auteur du harcèlement veut prendre le pouvoir sur vous et vous dominer ou vous intimider.

Les conséquences sont nombreuses et durables : insomnies, dépression, tentatives de suicide, angoisse, perte de confiance… même si vous ne les ressentez pas immédiatement, ces symptômes peuvent apparaître et s’installer dans votre quotidien.

Par ailleurs, ne pas signaler ces agissements participe à un climat d’impunité :

  • s’ils ne sont pas inquiétés, les harceleurs ne changeront rien à leur comportement
  • si les agressions ne sont pas reportées au personnel, les sociétés de transport en commun ne pourront pas renforcer leur présence et accroître leur vigilance
  • si vous ne déposez pas plainte, le harceleur n’a aucune chance d’être interpellé et puni comme la loi le prévoit. Or, lorsqu’une plainte est déposée, les agents des forces de l’ordre peuvent aujourd’hui mobiliser des moyens efficaces, comme les nombreux systèmes de vidéo surveillance installés à bord des véhicules et dans les infrastructures de transport en commun.

Toutefois, cette épreuve peut s’avérer éprouvante pour certaines victimes : sachez que vous n’avez pas à la vivre seule.
N’hésitez pas à demander à des passagers témoins de la scène de vous accompagner.
Vous pouvez également appeler le 39 19 : ce numéro d’écoute dédié, anonyme et gratuit, pourra vous aiguillez 7j/7 vers une structure proche de chez vous qui pourra vous soutenir et vous conseiller.

Tétanie, traumatisme… Ce qui peut se passer dans la tête d’une personne victime de violences

Lors d’une agression, le cerveau de la personne qui en est victime, pour faire face au stress extrême, peut créer des réactions neurobiologiques et physiques qui ne sont pas volontaires ou maîtrisées, telles que la modification et l’accélération de la respiration et du rythme cardiaque, ou la contraction des muscles. L’organisme, ainsi mis à mal, risque la surchauffe.

Des mécanismes mis en place automatiquement éteignent le stress extrême créé par l’agression afin d’éviter cette surchauffe. Dans de nombreuses situations :

  • la victime peut être paralysée, tétanisée, elle ne peut ni crier, ni même émettre le moindre son ou parole. C’est ce qu’on appelle la sidération.
  • la victime peut se sentir comme déconnectée de ses émotions, elle a l’impression d’être spectatrice de la situation. C’est ce qu’on appelle la dissociation.

C’est pourquoi le rôle du témoin est primordial dans les situations de violence : ce qui peut être considéré à tort comme une forme de consentement passif est en réalité la manifestation de réactions neurobiologiques, de peur, de stress, empêchant la personne victime de réagir face à l’agression.

Au-delà du moment même de l’agression, ce stress traumatique dû à l’agression peut avoir des conséquences à moyen et long terme pour la victime. D’autres symptômes peuvent apparaître comme un état d’anxiété, des troubles du sommeil, de l’alimentation, des peurs intenses, un sentiment de culpabilité et de honte etc.

Que les faits soient anciens ou récents, il est utile d’en parler à une personne en qui vous avez confiance, à un professionnel (médecin, assistant-e social-e, avocat-e) ou à une association spécialisée dans la lutte contre les violences faites aux femmes qui vous accompagnera. Le numéro d’écoute et d’orientation, pour lutter contre les violences faites aux femmes, le 3919 est à votre disposition de manière gratuite et anonyme pour vous accompagner.

Pour en savoir plus : http://stop-violences-femmes.gouv.fr/Suis-je-concernee.html

Que faire après une agression ?

Si vous êtes encore en danger, contactez immédiatement le 17 ou le 112 (numéro d’urgence gratuit).
Après l’agression, rapprochez-vous d’un agent ou d’un membre du personnel et signalez votre agression.

Si des témoins ont assisté à la scène, n’hésitez pas à leur demander leurs coordonnées ou leur demander de vous accompagner porter plainte.

Le dépôt de plainte peut se faire dans un commissariat de police, une brigade de gendarmerie ou directement auprès du procureur. Si vous ne connaissez pas l’identité de l’auteur de l’agression, vous pouvez porter plainte contre X. Les victimes mineures peuvent également porter plainte.
Sachez que la réception de la plainte ne peut pas vous être refusée.
En tant que victime de violences sexuelles, vous ferez l’objet d’une attention particulière de la part des services de police ou des unités de gendarmerie qui ont mis en place des dispositifs d’accueil et d’aide dédiés : intervenantes sociales, psychologues…

Même si vous disposez de délais pour déposer plainte (différents en fonction de la nature de l’agression dont vous avez été victime), agir rapidement garantit de meilleures chances d’appréhender le suspect. De nombreux systèmes de vidéo surveillance sont aujourd’hui installés à bord des véhicules et dans les infrastructures de transport en commun et peuvent être utilisés rechercher les coupables.

Pour toute question, demande de conseil ou si vous sentez que vous avez besoin de soutien après cette épreuve, appelez le 39 19.
C’est un numéro d’écoute national destiné aux femmes victimes de toutes formes de violences, ainsi qu’à leur entourage. Anonyme et gratuit, il est accessible 7j/7, en métropole et depuis les DOM.
Des professionnels attentifs vous écouteront et pourront vous informer ou vous aiguiller vers les dispositifs locaux d’accompagnement et de prise en charge pertinents.