Le rôle du.de la médecin de prévention dans la lutte contre le harcèlement sexuel au travail

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Les victimes de harcèlement sexuel souffrent très longtemps des conséquences de cet acte (perte d’estime de soi, de confiance envers autrui…). Elles peuvent présenter un état d’hyperstress avec de nombreuses conséquences psychosomatiques. L’écoute d’un.e salarié.e ou agent.e en souffrance est un acte médical qui entre totalement dans les compétences du.de la médecin du travail et de prévention.

La.le médecin du travail et de prévention doit être le point d’entrée et le pivot de tout dispositif de prise en charge des risques psychosociaux (RPS). Elle ou Il peut être sollicité.e par le.la salarié.e ou agent.e, qui peut demander un examen ou un entretien médical : une meilleure information doit être apportée dans ce sens. L’examen médical peut également être demandé par l’employeur.

Dans le cadre de la santé au travail, le médecin du travail ou de prévention peut assurer lui-même l’accompagnement du.de la salarié.e en détresse. Il peut recourir à l’aide du dispositif pour la prévention des RPS mis en place dans l’entreprise/administration ou dans le service interentreprises.

Une consultation dans un cadre protégé pour le.la salarié.e ou l’agent.e

Selon une étude IFOP de mars 2014, le.la médecin du travail ou de prévention n’est cité.e en soutien que par 18% des femmes actives entre 18-64 ans. Pourtant, le cadre de la consultation du.de la médecin de travail apporte un certain nombre de garanties à celui.celle qui vient le consulter :

  • L’orientation vers le.la médecin de prévention / du travail ne peut en aucun cas intervenir sans l’accord exprès du.de la salarié.e ou agent.e.
  • Cet accompagnement ne doit pas faire l’objet d’une quelconque stigmatisation et la décision de rencontrer le dispositif spécifique doit résulter du.de la salarié.e ou agent.e dans un cadre libre et anonymisé.e vis-à-vis de l’employeur.
  • Quelles ques soient les mesures d’accompagnement, tout ce qui relève de l’entretien avec le.la salarié.e ou agent.e victime est couvert par le secret médical et doit faire l’objet de mention dans le dossier médical auquel la victime peut avoir accès. Il ne peut être délié du secret même par son.sa patient.e : il est donc important d’établir une relation de confiance.
  • Le.la médecin du travail ou de prévention est indépendant.e dans le cadre de sa mission.

Un.e acteur.trice dans l’empathie et l’écoute

Le.la médecin n’est ni un inspecteur.rice, ni un.e juge, ni un.e avocat.e. Il est dans une posture d’écoute face au.à la salarié.e ou agent.e qui le consulte :

  • Déculpabiliser la victime
  • Aider la victime à dire ou faire savoir au harceleur qu’elle a bien observé les faits et que cela doit cesser immédiatement et qu’elle va en informer l’employeur
  • Procéder à un examen clinique physique, mental et social en urgence
  • Assurer la traçabilité des faits dans le dossier
  • Prodiguer des conseils et un suivi rapproché

La pluridisciplinarité doit être activée par le.la médecin.

Les solutions qui peuvent être proposées par le.la médecin de prévention/du travail

  • Le.la médecin du travail peut proposer une inaptitude ou incompatibilité au poste temporaire.
  • Le.la médecin du travail ou de prévention pourra proposer une mutation ou mobilité au sein de l’entreprise ou de l’administration.
  • L’employeur devra tenir compte des préconisations du.de la médecin du travail et de prévention car il pèse sur l’employeur une obligation de résultats en santé et sécurité.
  • Le.La médecin du travail et de prévention peut se rendre dans l’entreprise ou l’administration et apprécier la situation dans laquelle se trouve un.e salarié.e ou un.e agent.e en souffrance.
  • Il.elle peut s’entretenir avec les responsables ou l’employeur et les mettre face à leur responsabilité civile ou et pénale en cas de manquements graves avérés.