DISCOURS D’ELISABETH MORENO – Les États de la France – 16ème édition

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Discours de Madame Élisabeth Moreno,  Ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances

Seul le prononcé fait foi

Cher M. Raymond SOUBIE,
Mesdames et messieurs,

C’est un véritable plaisir de vous retrouver physiquement aujourd’hui pour la 16ème édition des États de la France après ces longs mois de visio à n’en plus pouvoir.

Et je crois d’ailleurs me souvenir que l’une de mes premières visios de 2021 était avec vous.

Comme l’affirma Winston Churchill non sans la pointe d’ironie qui le caractérisait tant : « il ne faut jamais gaspiller une bonne crise ».

« Construire maintenant un nouveau monde », telle est donc l’ambition qui nous réunit aujourd’hui. 

Un discours ne suffirait pas pour y répondre. Il faudrait presque une dissertation quasi philosophique.

Construire et reconstruire, c’est l’Histoire même de notre pays. 

Je ne connais en effet aucune Nation dans le monde à la fois pétrie d’autant de certitudes et en proie aux doutes permanents que la France.

C’est l’Histoire de notre pays.

Et le sujet sur lequel j’interviens devant vous aujourd’hui est à la fois hautement philosophique mais aussi extrêmement concret.

***

J’en ai l’intime conviction : ce monde nouveau se construira autour de nos valeurs universelles de liberté, d’égalité et de fraternité.

La notion d’inégalité est à la racine des enjeux auxquels nos sociétés sont confrontées aujourd’hui.

Les nouvelles générations notamment la placent – aux côtés de l’environnement – au cœur de leurs préoccupations.

Comme vous le savez, l’égalité est au cœur de notre pacte républicain.

« Passion française », elle enflammait le cœur de la France déjà bien avant que la Révolution ne la porte aux nues. 

Inscrite sur les frontons de nos édifices publics, placée au centre de notre devise nationale, l’égalité est à la fois un idéal et un objectif.

Un idéal, toujours inachevé et où chacun est respecté dans ses différences.

Et un objectif, avec une double obligation d’action et de résultat.

L’égalité a pris vie dans la République.

Elle en est la sève.

Si elle puise sa source bien avant 1789, la notion d’égalité – avec en toile de fond son corolaire, la méritocratie – s’enracine dans les idéaux de la Révolution.

En abolissant les privilèges féodaux, la Révolution a érigé un monde où la naissance n’est plus l’épicentre de la réussite mais où les qualités, les efforts et le courage de chacun en déterminent l’ascension.

En d’autres termes, en brisant cette inégalité insurmontable, elle a fait de l’égalité l’ADN et l’axiome fondateur de notre République ; mise en tension permanente comme l’écrivit TOCQUEVILLE avec la liberté.

La République permet dès lors à chacun :

  • De s’élever
  • De réussir
  • De penser par soi-même
  • De forger sa propre identité
  • Et ce, indépendamment de ses origines sociales ou culturelles, de son sexe, de son patronyme, de son orientation sexuelle ou de ses croyances

Le principe d’égalité est donc synonyme de justice sociale et d’émancipation.

En définitive, c’est la reconnaissance de chacun pour ce qu’il fait ; et non pour d’où il naît.

***

Mais soyons à la fois lucides et humbles.

Aujourd’hui, pour beaucoup de nos concitoyens, l’instrument méritocratique semble cassé.

L’égalité n’est, pour eux, qu’un principe vide de sens voire un leurre. 

Et la méritocratie ne serait que la « bonne conscience » des gagnants ; le baume des bonnes âmes.

Souvent, lors de mes déplacements, je rencontre des jeunes qui n’y croient pas et des parents qui n’y croient plus.

La résignation a gagné les cœurs comme les esprits.

Cette résignation, nous tous ici présents, devons l’entendre.

Et nous devons y répondre.

Car une Nation qui ne croit plus en l’ascension sociale, qui ne croit plus en ses élites et leur possibilité de renouvellement, est une Nation en proie aux doutes.

Nous devons dès lors régénérer la promesse républicaine d’égalité.

L’égalité doit être concrète et pragmatique.

Et ce ne peut être uniquement de l’incantation ; pour notre Nation, pour nos entreprises et pour nos concitoyens.

Comme l’ont révélé de nombreuses études : la mobilité sociale reste ankylosée dans notre pays ; plus qu’ailleurs dans l’OCDE.

Et l’égalité des droits ne signifie pas pour autant l’égalité absolue ni l’égalité réelle.

J’en ai l’intime conviction, peut-être parce que j’en suis le fruit, que nous devons au contraire briser les chaînes du déterminisme.

Car ce déterminisme est l’antithèse de l’idée républicaine d’émancipation.

Cette idée qui est justement censée rééquilibrer les inégalités de naissance qui, parfois, s’accumulent au cours de l’existence.

Briser les chaînes du déterminisme revient alors à bousculer les ordres établis, à démolir les carcans qui figent les destins et qui rendent les rêves trop étroits.

Tous ces enjeux sont au cœur de mon ministère comme ils sont certainement au cœur de vos entreprises.

Qu’il s’agisse de l’égalité entre les femmes et les hommes – érigée en Grande cause du quinquennat par le Président de la République –, de l’égalité des chances, de la promotion de la diversité ou de l’égalité des droits des personnes LGBT+.

Et tout cela passe par une lutte acharnée contre toutes les formes de discrimination.

Ces enjeux recouvrent des réalités parfois différentes mais qui ne sont pour autant pas étanches les uns aux autres.

Et pourtant, permettez-moi de vous partager quelques chiffres qui, je crois, donnent la mesure des phénomènes dont nous parlons aujourd’hui.

D’après un sondage réalisé en 2019 par Harris Interactive dans le monde professionnel :

  • 32% des femmes interrogées déclaraient avoir déjà renoncé à exprimer leur opinion face à un homme parce qu’elles pensaient qu’elles ne seraient pas écoutées en tant que femme
  • Et 31% affirmaient avoir déjà laissé un homme prendre la parole alors qu’elles maîtrisaient mieux le sujet que lui

Par ailleurs, à poste équivalent, les femmes gagnent en moyenne 17% de moins que leurs homologues masculins.

Une étude du Boston Consulting Group soulignait en 2018 que 46% des personnes LGBT+ avaient menti sur leur orientation sexuelle en entreprise pour ne pas être stigmatisée.

Presqu’une personne deux. 

Et enfin, une enquête réalisée pour le Conseil présidentiel pour l’Afrique révélait en février dernier un certain « malaise » des Français d’origine étrangère.

73% d’entre eux considèrent en effet que l’intégration dans la société française fonctionne mal.

Et les trois quarts estiment que l’égalité des chances n’est pas respectée.

Ces statistiques mettent en lumière des réalités différentes.

Mais elles témoignent toutes d’inégalités et de discriminations que nous – j’insiste bien sur le « nous » – devons collectivement enrayer. 

Parce qu’il ne peut subsister dans notre pays d’égalité à plusieurs vitesses, parce qu’il ne peut subsister de citoyens relégués à la remorque de notre société, voire « invisibilisés », nous avons donc une lourde responsabilité commune.

Une lourde responsabilité parce que ces discriminations et ces inégalités – en plus d’être des entorses à notre pacte républicain – brisent des destins, gâchent des potentiels et, par ricochet, égratignent les fondements de notre cohésion sociale.

À la place qui est la mienne aujourd’hui, j’en mesure le poids et les enjeux.

Et j’ai conscience des attentes importantes d’une partie des Français.

Lutter contre les discriminations et donner toute sa place à notre « France plurielle », c’est au bout du compte réconcilier l’idéal républicain avec la diversité de notre société contemporaine.

À cet égard, nous pouvons nous réjouir de constater que de plus en plus d’entreprises font de la diversité et de l’inclusion l’une de leurs priorités stratégiques.

La progression de vingt points de l’attention portée aux enjeux d’inclusion par les entreprises en l’espace de deux ans est extrêmement significative.

Et, comme le révèle votre sondage, je me réjouis que 95% d’entre vous se disent prêts à intensifier leur engagement dans ce domaine.

***

Ce combat est un combat collectif.

Alors que fait le Gouvernement pour rendre concrète notre promesse d’égalité et d’inclusion ?

Les réponses que nous apportons sont plurielles.

En matière d’égalité entre les femmes et les hommes dans le monde professionnel, beaucoup de progrès ont été accomplis.

Comme a dû vous en parler Muriel PÉNICAUD ce matin, l’Index de l’égalité professionnelle a été créé en 2018 et concerne désormais toutes les entreprises d’au moins cinquante salariés.

Son obligation de transparence est aujourd’hui bien intégrée par les entreprises et a déjà porté ses fruits.

Les plus petites entreprises se sont prêtées cette année à leur deuxième exercice.

Néanmoins, la dernière vague 2021 publiée récemment nous a révélé l’ampleur du travail qu’il nous reste à accomplir :

  • Seulement 2% des entreprises concernées par cet index ont obtenu la note de 100 / 100, qui devrait être la norme
  • Et 43% des entreprises ne disposent d’aucune ou de seulement une seule femme parmi leurs 10 plus hautes rémunérations

C’est la preuve qu’il reste des marges de progression et que la majorité des entreprises doit encore produire des efforts significatifs pour faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes.

Face à cette situation, je considère qu’il faut redoubler d’efforts en termes de mesure des progrès réalisés.

Je sais combien les entreprises aiment se doter d’objectifs ; des objectifs mesurables puis mesurés.

Puisque ce que l’on ne compte pas, ne compte pas.

C’est pourquoi, aujourd’hui, avec Élisabeth BORNE, nous sommes résolument déterminées à accélérer sur ce sujet.

L’histoire des droits économiques et professionnels des femmes est récente. L’encre est encore à peine sèche.

Ce n’est en effet que depuis le 13 juillet 1965 que les femmes peuvent ouvrir un compte en banque à leur nom et travailler sans le consentement de leur mari.

Reconnaissons-le, depuis 46 ans beaucoup a été fait.

Mais soyons humbles : de nombreux progrès restent à accomplir pour briser les plafonds de verre qui freine encore les carrières des femmes, à tous les niveaux de l’entreprise et dans tous les domaines.

C’est pourquoi, je considère que la proposition de loi portée par Marie-Pierre RIXAIN et Christophe CASTANER visant à accélérer l’égalité économique et professionnelle sera une étape historique.

J’ai l’intime conviction que l’accélération de l’égalité économique entre les femmes et les hommes nécessite des mesures contraignantes comme l’a prouvé la loi Copé-Zimmermann en faisant passer la féminisation des conseils d’administration de 9% à 46% en 10 ans.

Exiger qu’il y ait d’avantages de femmes dans les COMEX et CODIR, ce n’est pas leur faire la charité.

Comme l’ont démontré de très nombreuses études, c’est améliorer la performance et l’attractivité des entreprises.

Parce que les inégalités à l’intérieur du domicile ont des répercussions à l’extérieur, le Gouvernement entend promouvoir la culture de l’égalité, et ce dans tous les domaines.

La culture de l’égalité en actes, c’est donc par exemple l’extension du congé paternité de 14 à 28 jours.

Cette mesure était attendue depuis longtemps.

Cette mesure permettra à tout le monde d’être gagnant à l’arrivée : l’enfant, les femmes et les familles.

La culture de l’égalité, c’est aussi la création du service public des pensions alimentaires lancée le 1er janvier dernier.

Notre objectif est double :

  • Un : prévenir la précarité : la négligence des uns ne doit plus conduire à la détresse des autres
  • Et deux : favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes puisque 85% des parents des familles monoparentales sont portées par des femmes

Lutte contre les discriminations – plateforme + consultation

Favoriser l’inclusion et promouvoir la diversité rime aussi avec la lutte contre les discriminations.

Sous l’impulsion du Président de la République, le Gouvernement s’est fixé des objectifs ambitieux en la matière.

Ces discriminations – dont nous pouvons tous être un jour victimes ou témoins – se manifestent – de manière visible ou insidieuse – dans toutes les sphères de notre société.

Et l’emploi reste le premier domaine où elles interviennent.

Des discriminations qui s’opèrent en raison du sexe, du handicap, de l’origine, de l’orientation sexuelle, de l’âge ou encore de l’identité de genre, des croyances ou de l’engagement syndical.

Si la France s’est d’ores et déjà dotée d’un arsenal juridique solide en la matière, force est de constater que nous devions encore aller plus loin.

Il s’agissait d’une demande forte exprimée par nos concitoyens et, a fortiori, par les jeunes générations qui sont déjà ou qui arrivent sur le marché de l’emploi.

Dans ce contexte, le Gouvernement a créé le 12 février dernier une plateforme de lutte contre les discriminations.

Par ailleurs, le 8 avril, j’ai lancé une grande consultation citoyenne sur les discriminations qui s’est achevée le 31 mai dernier.

Cette consultation était un exercice inédit sur ce sujet.

Un exercice sans filtre et sans tabou.

Toutes les situations de discrimination ont été mises sur la table.

Avec 135 000 visiteurs, je me réjouis que cette consultation ait rencontré un réel engouement auprès des associations et de nos concitoyens ; notamment de notre jeunesse.

Aussi, parce que la diversité de notre « France plurielle » doit pouvoir se déployer pleinement dans tous les domaines et à tous les échelons de notre société, mais aussi parce que nombreuses sont les entreprises souhaitant se doter de politiques de gestion des talents et des compétences plus inclusives, je propose de créer un Index de la diversité et de l’inclusion.

Un outil de mesure au service des entreprises publiques et privées qui permettra aux salariés de s’exprimer sur leurs origines et leurs parcours professionnels et partager leurs attentes en matière de diversité et d’inclusion.

Comme vous, je suis convaincue que le talent n’a ni genre, ni origine, ni couleur de peau, ni orientation sexuelle.

Le talent et l’engagement sont les carburants de la performance des entreprises.

En d’autres termes, les entreprises – quelles que soient leurs tailles – dont les effectifs sont les plus diversifiés sont aussi celles qui sont les plus compétitives.

De nombreuses études l’ont prouvé par A + B.

Depuis mon entrée au Gouvernement il y a un peu plus d’un an, j’ai rencontré de nombreuses entreprises conscientes que cet enjeu a d’autres finalités que de cocher une case dans un rapport RSE à la fin de l’année ; des entreprises conscientes que la diversité est un facteur de compétitivité et d’attractivité.

Mais ces entreprises, qui ont dépassé le stade du « pourquoi ? », sont parfois démunies face au « comment ? ».

Et cela vaut aussi pour nos administrations publiques.

L’Index de l’inclusion et de la diversité que je souhaite mettre en place viendra répondre à cet enjeu.

En sondant le niveau d’inclusion et de diversité d’une organisation, à travers une enquête collaborateurs, il viendra aider les dirigeants et les DRH à engager des mesures correctives pour, au final, que leur organisation soit un meilleur reflet – à tous les niveaux de responsabilité – de notre société.

Car soyons lucides : nous devons encore progresser pour favoriser la promotion de de toutes les diversités au sein des organes de décision.

Et le secteur public doit lui aussi affronter cet enjeu.

C’est pour cela qu’Amélie de MONTCHALIN a lancé le plan Talents du service public.

Ce plan vise à faire de notre fonction publique un élément fondateur de notre ascenseur social républicain en permettant à chacun – par-delà ses origines sociales ou culturelles – de s’élever.

Ce plan a vocation à :

  • Ouvrir des classes prépa Talents qui accueillent des élèves de milieux modestes sur tout le territoire
  • À lutter contre l’autocensure
  • Et à diversifier notre haute fonction publique pour in fine mieux servir nos concitoyens

Mesdames et messieurs,

L’égalité des chances constitue le fil rouge de ce quinquennat.

Depuis 2017, une myriade de politiques publiques a été déployée pour permettre à chacune et à chacun d’accomplir ses rêves et pour ne laisser personne au bord de la route.

Sans vous dresser de liste à la Prévert, cette ambition se décline :

Dans l’éducation sous l’impulsion de Jean-Michel BLANQUER à travers :

  • L’instauration de l’école obligatoire dès l’âge de 3 ans
  • Le dédoublement des classes de grande section de maternelle et de CP-CE1 dans les réseaux d’éducation prioritaire
  • La mise en place d’un internat d’excellence par département d’ici cette année
  • Et le développement des « Cordées de la réussite », des Cités éducatives

Cette volonté se décline aussi dans l’emploi :

  • À travers le Plan « 1 jeune, 1 solution »
  • Ainsi que le Plan d’investissement dans les compétences qui a mobilisé 15 milliards d’euros sur la durée du quinquennat en faveur de personnes peu ou pas qualifiées et éloignées de l’emploi

Ces dispositifs publics s’adressent en priorité aux habitants des territoires les plus fragiles :

  • Les quartiers urbains défavorisés
  • Nos territoires ruraux
  • Ainsi que les Outre-mer

Le Plan pauvreté, le Comité interministériel des Villes et l’Agenda rural s’inscrivent également dans cet objectif qui mobilise tous les ministères : faire de la promesse républicaine d’égalité une réalité concrète et effective.

Vous constaterez donc que ce Gouvernement est totalement mobilisé pour sa jeunesse et pour les personnes les plus en difficulté.

Le record franchi en 2020 en matière d’apprentissage est en l’illustration, et ce malgré la crise sanitaire inédite que nous avons traversée et qui n’est pas encore derrière nous.

Toutes ces mesures apportent une confiance absolument nécessaire pour la sortie de crise et la reprise économique que nous connaissons.

Comme l’a révélé une étude récente d’EY France, le regard porté par les entreprises étrangères sur la transformation de notre pays est très positif.

Nous devons absolument poursuivre ce mouvement.

***

Mesdames et messieurs,

Pour paraphraser un illustre Prix Nobel de littérature, symbole de l’égalité des chances, la tâche de notre génération est immense.

Elle consiste à empêcher que notre monde ne se défasse. 

Pour cela, nous devons absolument redonner du sens aux valeurs de notre pacte républicain d’égalité et d’inclusion.

Redonner du sens non pas en les appréhendant comme des cases à cocher, mais comme des outils positifs de compétitivité et d’attractivité ; et donc de performance.

Ces valeurs, en réalité, répondent aux besoins des entreprises. 

Redonner du sens, c’est ce que vous faîtes aujourd’hui.

Comme l’écrivit Frantz FANON : « chaque génération doit découvrir sa mission, la remplir ou la trahir ».

À nous de la remplir pour retisser les fils qui nous lient, pour bâtir un destin commun où tout le monde trouve sa juste place.

Je vous remercie.

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