Discours d’Élisabeth Moreno – Conférence de presse : lancement du label FIER et de la campagne « Better together » – 17.05.21

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Discours de Madame Élisabeth Moreno

Ministre déléguée auprès du Premier ministre

chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances

Le 17 mai 2021

Conférence de presse

Lancement du label FIER et de la campagne « Better together »

 

Seul le prononcé fait foi

Madame la ministre, chère Roxana,

Madame la déléguée interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, chère Sophie ELIZEON,

Mesdames et messieurs les présidentes et présidents d’associations,

Mesdames et messieurs, bonjour,

 

Dépassement de soi.

Solidarité.

Esprit d’équipe.

Labeur.

Rigueur.

Discipline.

Abnégation.

 

Ce n’est pas Roxana – immense championne avant d’être ministre – qui va me contredire : le sport porte en lui des valeurs universelles extrêmement positives et méritocratiques.

C’est bien l’alliage du travail et du talent qui y impose les meilleurs ; quels que soient l’orientation sexuelle, la couleur de peau, l’origine sociale ou l’identité de genre de celles et ceux qui le pratiquent.

En ce sens, le sport constitue un formidable levier pédagogique pour ce que l’on peut appeler « l’apprentissage de la citoyenneté ».

Et en ce sens, nos valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité coulent dans ses veines.

Dans les principes fondamentaux de sa charte olympique, il condamne toutes les formes de discrimination.

Mais sous le vernis, cet idéal est écorné.

Le sport demeure en effet un univers où les LGBTphobies sont légion ; sur les terrains comme en dehors, dans le sport amateur comme dans le sport professionnel.

Oui, l’insulte « PD » est extrêmement répandue dans les enceintes sportives.

Oui, il est plus difficile de s’épanouir dans le sport et d’y réussir lorsque l’on est lesbienne, gay, bisexuel ou transgenre.

L’ancien footballeur Ouissem BELGACEM – que tu as reçu récemment chère Roxana – décrit cette réalité dans son livre dont le titre, « Adieu ma honte », sonne à la fois comme une libération pour lui et un signal d’alarme pour nous tous.

L’histoire de Ouissem BELGACEM n’est pas isolée.

Son récit, aussi intime que puissant, n’est pas anecdotique.

Il est un révélateur de notre société.

Révélateur d’une homosexualité difficile à assumer.

Révélateur d’une homophobie difficile à dénoncer.

Et révélateur d’une omerta depuis trop longtemps éludée, mise sous le tapis.

Si des athlètes renommés ont eu le courage de faire part de leur homosexualité :

  • Combien d’athlètes en herbe ont dû renoncer ou n’ont pas accompli comme ils l’auraient espéré leur carrière sportive en raison de leur orientation sexuelle ?
  • Combien de rêves brisés ?
  • Combien de destins inachevés ?

Parce qu’il est au cœur de notre société, le sport en est dès lors un miroir grossissant ; avec son lot d’imperfections, de dérives, de discriminations et de violences.

Mais parce qu’il est au cœur de notre société, le sport peut aussi constituer un creuset de la lutte contre les LGBTphobies. 

Car le sport n’est pas le vecteur de ces déviances, il n’en est que le réceptacle.

Si nous sommes tous réunis cet après-midi, c’est que nous partageons cette conviction profonde : le sport est un puissant vecteur d’égalité, de diversité et d’inclusion.

Dans la période de triple crise sanitaire, économique et sociale que nous traversons, où les tensions sont exacerbées, le sport reste un instrument formidable de fraternité et d’unité.

Parce que chaque discrimination est à la fois une violence et une injustice inacceptables, nous devons donc les combattre résolument.

Avec Roxana, nous militons pour que le sport – amateur ou professionnel – soit un catalyseur de mixité, de citoyenneté et de respect.

Véritable défi culturel, cette lutte doit mobiliser toute notre société.

Dans le sport, cet enjeu concerne aussi bien les dirigeants de clubs que les entraîneurs, les encadrants ou les associations de supporters et les médias.

La cécité doit cesser. Et la parole doit se libérer.

Se taire, se cacher, mentir, disparaître ; autant de réflexes pour les athlètes LGBT+, résultat du fléau de l’homophobie. 

Ce combat pour un « sport inclusif » nécessite aussi l’engagement des associations, chevilles ouvrières indispensables, sans qui les politiques publiques que nous déployons ne sauraient trouver d’écho suffisant ni de traduction concrète.

C’est cet esprit d’équipe qui nous réunit aujourd’hui.

Comme vous le savez, le 14 octobre dernier, j’ai lancé le Plan national d’actions pour l’égalité des droits, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ pour les années 2020 à 2023.

Un plan qui a été élaboré de manière interministérielle avec la DILCRAH afin de renforcer la coordination et la cohérence de l’action publique ainsi qu’avec l’aide des associations LGBT+.

Avec en ligne de mire un objectif : faire des personnes LGBT+ des citoyennes et des citoyens à part entière dans notre pays.

Reconnaître les droits des personnes LGBT+ :

  • C’est désinvisibiliser
  • C’est reconnaître l’existence
  • C’est rétablir l’égalité
  • Et c’est aussi protéger

Ce Plan s’organise autour de 42 actions et plus de 150 mesures concrètes.

Sous l’impulsion de Roxana, le ministère des Sports est extrêmement mobilisé.

Notre objectif est ainsi de :

  • Mieux connaître, recenser et sanctionner les actes anti-LGBT+ dans le sport
  • Former et sensibiliser les acteurs du milieu sportif
  • Et inclure les personnes LGBT+ dans le sport, notamment dans la perspective et à l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024

En conclusion, je tiens à remercier les acteurs associatifs présents qui apportent leur contribution concrète à la mise en œuvre de ce plan d’actions :

  • La Fondation FIER qui – au travers de ses 16 préconisations – offre un cap à suivre pour un sport inclusif et qui, grâce au label que vous lancez aujourd’hui, va permettre aussi une évaluation des structures fédérales sur cette thématique
  • Je remercie également la FSGL et ses associations sportives affiliées pour votre campagne « Better together » et l’ensemble des actions conduites pour enrayer le fléau de l’homophobie
  • Et merci à « Foot Ensemble », conduit par Yohann Lemaire, qui a présenté aussi cette semaine une action avec la Ligue Professionnelle de football

En ce 17 mai, Journée internationale contre l’Homophobie, la Transphobie et la Biphobie, ces actions résonnent avec un écho particulier.

C’est néanmoins toute l’année que nous devons combattre sans relâche les LGBTphobies.

Le sport doit être un accélérateur de fraternité.

Je vous remercie. 

Discours d’Elisabeth Moreno – conférence de presse label FIER – seul le prononcé fait foi Discours d’Elisabeth Moreno (version accessible) – conférence de presse label FIER – seul le prononcé fait foi