Discours d’Élisabeth MORENO – Conférence de presse – 26.01.2021

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Discours de Madame Élisabeth Moreno

Ministre déléguée auprès du Premier ministre

chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances

 

Le 26 Janvier 2021

 

| Conférence de presse de vœux |

 

Seul le prononcé fait foi

Mesdames, Messieurs, bonjour,

Je vous remercie pour votre présence ce matin à cette conférence de presse de vœux qui me permet de dresser un bilan en forme de point d’étape des 6 premiers mois que j’ai passés à la tête de ce ministère et vous exposer également ma feuille de route pour les semaines et mois à venir.

Je répondrai ensuite avec plaisir à vos questions.

2020, qui est désormais dernière nous, a mis notre Humanité à rude épreuve.

Et elle a montré combien elle était fragile et combien nous avons besoin de solidarité.

Ce matin, j’ai une pensée à toutes les femmes, en 1ère ligne durant la crise, qui ont montré leur courage et leur résilience.

***

Lutte contre les violences sexistes et sexuelles – bilan du Grenelle

Permettez-moi dès lors de commencer par la lutte contre les violences faites aux femmes.

Une société se définit à l’aune des combats qu’elle mène ou qu’elle ne mène pas.

Comme vous le savez, le 25 novembre 2017, le Président de la République, Emmanuel MACRON, décrétait l’égalité entre les femmes et les hommes « Grande cause du quinquennat ».

Le 25 novembre 2019, à l’issue du Grenelle des violences conjugales, le Premier ministre annonçait 46 mesures pour lutter contre toutes les formes de violences faites aux femmes.

Il y a un an, notre pays engageait donc un véritable combat culturel pour éradiquer les violences faites aux femmes. Un combat sans précédent.

Où en sommes-nous depuis le 25 novembre 2019 ?

Qu’avons-nous accompli en un peu plus d’un an ?

Dès ma prise de fonction, j’ai souhaité que nous adoptions en la matière une véritable culture du résultat.

Une culture du résultat qui s’est d’abord traduite par la hausse de 40% du budget de mon ministère pour 2021.

Une hausse sans précédent qui permettra d’apporter un soutien accru au secteur associatif, mis à mal par la crise sanitaire.

Par ailleurs, parce que des vies humaines sont en jeu, nous n’avons pas le droit de fléchir ou de ne réussir qu’à moitié.

C’est pourquoi j’ai décidé de réunir très régulièrement les 11 groupes de travail engagés dans le Grenelle afin de procéder à des points d’étape.

Je l’ai déjà fait à 4 reprises depuis cet été.

Et je les réunirai à nouveau le 2 février prochain.

Mon objectif est de veiller rigoureusement à la bonne exécution des 46 mesures du Grenelle.

La culture du résultat que je porte, c’est du concret, c’est du pragmatisme. Et c’est du travail en équipe, en tissant un dialogue régulier et approfondi avec les associations.

Aujourd’hui, sur les 46 mesures issues du Grenelle des violences conjugales, 100% ont été engagés :

  • 28 sont effectives
  • Et 18 sont en cours de réalisation

Les 10 mesures d’urgence annoncées par le Premier ministre le 3 septembre 2019 ont toutes été mises en œuvre.

Parmi les mesures que nous avons mises en place au cours des 6 derniers mois, je pense notamment aux bracelets anti-rapprochement, déployés désormais dans toutes les juridictions.

Il s’agit d’une disposition qui a fait ses preuves en Espagne et que nous concrétisons avec Éric DUPOND-MORETTI.

Je pense également aux 18 centres de prise en charge et d’accompagnement des auteurs de violence qui ont vu le jour cette année sur tout le territoire national.

3 ont été créés en outre-mer : à Cayenne, à Fort-de-France et à Saint-Paul.

Un 2ème appel à projets sera initié en 2021 afin de doubler la couverture territoriale de ce dispositif.

Par ailleurs, nous comptons créer 1 000 places d’hébergement supplémentaires pour les victimes en 2021 en plus des 6 500 places dédiées aux femmes victimes de violences présentes sur l’ensemble du territoire.

C’est un engagement fort que nous portons avec Emmanuelle WARGON.

La lutte contre les violences faites aux femmes est une priorité du Gouvernement.

L’actualité nous l’a tristement rappelé ces dernières semaines : qu’il s’agisse des féminicides ou de l’inceste, elles sont encore légion dans notre pays.

La parole d’une sœur, Camille KOUCHNER, a récemment brisé un tabou.

Elle a levé le voile sur une omerta.

Et je me réjouis que la parole se libère.

Que les victimes sortent du huis clos du silence dans lequel elles étaient jusqu’alors emmurées.

Comme l’a affirmé le Président de la République, à travers « Me Too Inceste » ou « Me Too Gay » : « la honte, aujourd’hui, change de camp ».

C’est une réelle avancée pour notre société.

Et permettez-moi de profiter de la tribune qui m’est offerte ce matin pour m’adresser directement aux victimes de violences sexuelles : « On vous écoute. On vous croit ».

Je le dis avec gravité : NON, il n’est pas possible d’entendre qu’un enfant consent à une relation sexuelle avec un adulte.

Il est grand temps que nous décillions notre regard et nos esprits sur ce sujet.

Et il est grand temps que nous agissions en prenant des mesures fortes.

***

Dans notre objectif d’éradiquer les violences sexistes et sexuelles, permettez-moi de m’arrêter un instant sur la question du 39 19.

À l’occasion du Grenelle des violences conjugales, le Gouvernement s’est fixé l’objectif ambitieux d’avoir une plateforme téléphonique d’écoute des victimes de violences conjugales disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Il s’agissait d’une demande des victimes et des associations, notamment en raison des difficultés rencontrées dans les territoires d’outre-mer et par les personnes en situation de handicap.

La mise en place de ce service public nécessitait, d’un point de vue légal, de passer par un marché public.

Marché public que nous avions décidé de réserver aux acteurs de l’économie sociale et solidaire afin de conserver la vocation sociale de cette ligne d’écoute.

Néanmoins, compte tenu des inquiétudes exprimées par certaines associations, inquiétudes que j’ai entendues, j’ai décidé hier d’interrompre la procédure de marché public.

Nous allons maintenant concerter à nouveau les associations et examiner les différentes options qui s’offrent à nous avec en ligne de mire : l’amélioration de la qualité de l’accompagnement des femmes victimes de violences.

Parce qu’il s’agit d’un enjeu de vie ou de mort, parce que les attentes sont extrêmement fortes en la matière dans notre société, c’est pour moi d’une priorité non négociable.

Ce combat dépasse les clivages partisans.

Sachez donc que mon ambition et ma détermination restent intacts.

***

Au-delà des mesures spécifiques au Grenelle, le Gouvernement a également agi pour lutter contre les autres formes de violences à l’égard des femmes.

Je pense par exemple à la lutte contre le système prostitutionnel.

Dès la mi-février, je compte réunir le comité interministériel de suivi de la loi du 13 avril 2016.

L’objectif étant de créer davantage de commissions départementales de lutte contre la prostitution, pour renforcer les 75 qui existent aujourd’hui sur notre territoire.

Par ailleurs, je souhaite poursuivre le travail engagé par ma prédécesseure dans la lutte contre les mutilations sexuelles féminines.

Enfin, un mot sur le Forum Génération Égalité que la France co-organise avec le Mexique et ONU Femmes qui se tiendra à l’été.

Il s’agit d’une étape importante pour notre diplomatie féministe et d’un évènement très attendu par les associations depuis la conférence de Pékin de 1995.

***

 

Mesdames et messieurs,

Le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes est un combat de longue haleine.

Un combat qui nécessite que nous travaillions dans une logique transversale et sur tous les fronts, collectivement.

Ce combat ne revient pas à se battre pour la « moitié du ciel ». Il ne doit pas opposer les femmes aux hommes, bien au contraire. Il doit nous rassembler.

Au cours des 6 derniers mois, le Gouvernement a pris des mesures fortes et extrêmement concrètes.

Ces mesures, ce sont par exemple :

  • L’allongement du congé paternité à 28 jours
  • La mise en place du service public des pensions alimentaires pour en finir avec les impayés qui plongent de trop nombreuses femmes et leurs enfants dans la précarité
  • Ou encore les crédits que nous avons débloqués avec Olivier VERAN pour lutter contre la précarité menstruelle qui touche près de 2 millions de personnes menstruées dans notre pays

En réponse aux demandes des associations mobilisées sur le sujet – que je tiens à saluer, le Président de la République a brisé un tabou en décembre dernier.

Les 5 millions d’euros que le Gouvernement a engagé pour lutter contre la précarité menstruelle seront en priorité orientés vers :

  • Les femmes détenues en milieu carcéral
  • Les femmes sans domicile fixe
  • Et les étudiantes

S’il faut toujours se garder de verser dans le triomphalisme ou l’autosatisfaction, je crois que toutes ces mesures sont des mesures de grande ampleur pour favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes et pour lutter contre la précarité.

C’est l’esprit aussi du souhait du Président de la République de proposer 2 repas par jour à 1 euro à tous les étudiants jusqu’à la fin de la crise sanitaire.

Oui, dans cette période de crise inédite, le Gouvernement s’engage pour lutter contre la précarité qui touche nos concitoyens.

C’est notamment la stratégie de lutte contre la pauvreté, dotée d’un budget de 8,7 milliards d’euros et renforcée pour affronter la crise.

Oui, les oppositions qui vitupèrent sans agir et sans proposer se perdent en faux procès.

Notre seule boussole est l’action. L’action au service des Françaises et des Français.

***

Les violences envers les femmes ne s’arrêtent pas aux portes du monde professionnel.

Bien au contraire.

Oui, le sexisme est une réalité.

80% des Françaises sont confrontées à des remarques sexistes sur leur lieu de travail et 93% considèrent que ces attitudes freinent leur efficacité professionnelle.

Et oui, les plafonds de verre demeurent.

Demain, nous fêterons les 10 ans de la loi COPÉ-ZIMMERMANN.

Si cette loi a eu un effet positif sur la parité au sein des conseils d’administration, les femmes continuent néanmoins d’être confrontées à un « plafond de verre » qui les exclut trop souvent des autres instances de direction ; ces lieux où sont RÉELLEMENT prises les décisions de l’entreprise.

Au moment où je vous parle, permettez-moi de déplorer que le CAC 40 reste un « club de mecs »:

  • 12 entreprises ne comptent aucune femme au sein de leur plus haute instance de direction
  • Et il n’y a aujourd’hui qu’une seule femme à la tête de l’une des 40 plus grandes entreprises françaises.

Il y a 30 ans, lorsque j’ai démarré ma carrière professionnelle, je n’aurais jamais cru une seule seconde que le CAC 40 soit encore un « club de mecs » en 2021.

Si des progrès considérables ont été accomplis ces dernières années, je pense notamment à la mise en place de l’Index de l’égalité professionnelle par Muriel PENICAUD en 2018, on observe néanmoins à regret que les inégalités sont encore trop nombreuses.

Aujourd’hui, avec Bruno LE MAIRE et Élisabeth BORNE, nous sommes résolument déterminés à avancer plus vite et plus fort sur ce sujet.

Oui, je plaide pour des quotas dans les instances de direction.

Oui, je souhaite que la transparence imposée par l’Index de l’égalité professionnelle soit renforcée.

Oui, je souhaite que nous soyons plus ambitieux.

Car, la parité n’est pas la charité.

La parité est un enjeu de justice.

***

Mais ce combat pour l’égalité doit également être mené dans les « esprits ».

Car la matrice des inégalités puise sa source dans des stéréotypes de genre, si profondément ancrés dans notre vie quotidienne, qu’ils en deviennent insidieux, invisibles et assignent les jeunes filles et les femmes sans même parfois qu’elles en aient conscience.

Ces stéréotypes sont un fléau.

Un fléau qui assigne.

Une machine à fabriquer des inégalités que l’on peut pourtant corriger.

Corriger à l’école dès le plus jeune.

Avec Jean-Michel BLANQUER, nous sommes déterminés à insuffler la culture de l’égalité à tous les enfants et leur permettre d’ « apprendre à désapprendre ».

Car cloîtrer les filles et les garçons dans des rôles conçus à l’avance revient à limiter les potentialités de chacune et chacun.

Une ségrégation qui a des conséquences tout au long de la vie et dans tous les domaines : sur l’orientation scolaire comme dans le monde du travail.

Je pense par exemple aux médias, dont les femmes demeurent trop absentes.

Les études conduites sur le sujet par le CSA en attestent régulièrement. Et le rapport de la députée Céline CALVEZ nous a montré que le confinement a aggravé l’invisibilisation des femmes à l’antenne.

Avec Roselyne BACHELOT, nous examinons avec attention les recommandations qu’elle formule.

Parce qu’ils sont omniprésents dans notre quotidien, parce qu’ils jouent un rôle majeur d’information et de formation des esprits et des opinions, les médias doivent constituer un reflet équilibré de notre société.

Le sport féminin est un exemple concret de cette distorsion de représentativité.

Avec Roxana MARACINEANU, nous sommes déterminées à donner plus de places à nos championnes ainsi qu’aux femmes en général dans les instances dirigeantes du sport.

Il est important pour les jeunes filles et pour les femmes en général d’être inspirées par des rôles modèles.

C’est pour cela que je milite depuis plusieurs mois pour la Panthéonisation de Gisèle HALIMI.

***

Autre volet essentiel de mon ministère : l’égalité des chances et la promotion de la diversité.

Comme l’a rappelé Emmanuel MACRON lors de son discours pour les 150 ans de la proclamation de la République : « l’égalité des chances n’est pas encore effective aujourd’hui ».

Je partage ce constat.

Je ne vais pas vous faire de langue de bois.

Ce n’est pas ma nature et ça ne serait pas très utile non plus.

Pour de multiples raisons, qui tiennent autant à notre Histoire qu’aux politiques publiques menées depuis plusieurs décennies, l’égalité reste en effet un principe et non une réalité pour bon nombre de nos concitoyens.

La promesse d’égalité s’est peu à peu fissurée. Elle s’est peu à peu lézardée sous le poids de la progression des inégalités.

Or, cette promesse doit trouver des traductions concrètes pour ne pas demeurer des mots posés sur des maux.

C’est le sens des annonces qu’a formulées le Président de la République à Clermont-Ferrand le 8 septembre dernier.

Des annonces qui visent à redoubler d’efforts en :

  • En créant un internat d’excellence par département d’ici 2022
  • En permettant à 200 000 collégiens et lycéens de bénéficier du dispositif des « Cordées de la réussite »
  • En passant dès l’an prochain à 80 campus d’excellence
  • Et en mettant en place des aides exceptionnelles pour l’emploi à travers le Plan « 1 jeune, 1 solution »

Aux inégalités s’additionnent les discriminations.

Là aussi : ne nous voilons pas la face. Elles sont bel et bien une réalité dans notre pays.

Il existe tant de critères de discriminations que chacun peut se sentir un jour concerné ; en tant que victime ou témoin.

En 2018, en réponse à une enquête du Défenseur des droits, 16% des Français déclaraient avoir été discriminés dans l’année.

Plus de 80% des personnes déclarant avoir subi des discriminations lors de la recherche d’un logement invoquent leur origine ou leur couleur de peau comme motif.

Et l’origine ou la couleur de peau constituent le 1er critère des saisines pour discrimination dans l’emploi reçues par le Défenseur des droits.

Ces discriminations ne sont pas uniquement des statistiques.

Elles affectent la vie de millions de nos concitoyens et, par effet domino, minent notre cohésion sociale.

Parce qu’elles assignent, parce qu’elles enferment et surtout parce qu’elles blessent ce qu’il y a de plus profond en nous, ces discriminations créent du ressentiment.

Et ce ressentiment est un poison dans la « France plurielle » dans laquelle nous vivons aujourd’hui.

Un poison qui fait le lit des extrêmes de tous bords. Un poison qui donne corps à toutes les radicalités.

C’est pourquoi nous devons agir.

Agir vite et fort.

Et c’est pourquoi le Président de la République a décidé de lancer une grande consultation citoyenne sur les discriminations qui sera portée par mon ministère dans les prochaines semaines.

L’objectif est de donner la parole aux Français et d’obtenir des remontées d’informations sur toutes les situations de discriminations subies par nos concitoyens et d’y apporter des réponses concrètes et efficaces.

En parallèle, nous souhaitons créer une plateforme avec le Défenseur des droits afin de traiter les situations de discriminations au sens large du terme, c’est-à-dire aussi bien celles qui interviennent dans l’emploi que dans le logement, l’éducation, la santé, la culture ou l’accès au financement bancaire.

Je travaille pour cela en étroite collaboration avec les associations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme telle que la LICRA ou SOS Racisme.

Un moyen simple et efficace de mettre la lumière sur des discriminations trop longtemps restées dans l’ombre.  

Aussi, parce que la diversité de notre « France plurielle » doit pouvoir se déployer pleinement dans tous les domaines et à tous les échelons de notre société, mais aussi parce que nombreuses sont les entreprises souhaitant se doter de politiques de recrutement plus inclusives, je propose de créer un Index de la diversité.

Un outil de mesure qui permettra d’établir une photographie de la diversité d’une organisation, publique ou privée, afin d’y apporter des solutions.

Car il ne peut subsister dans notre République d’égalité à plusieurs vitesses.

Il ne peut subsister de citoyens relégués à la remorque de notre société, voire « invisibilisés ».

L’égalité n’est pas un mot talisman, ni un slogan.

L’égalité doit être du concret, du pragmatisme.

Car beaucoup de nos concitoyens désespèrent de notre République tandis qu’en parallèle, d’aucuns en attaquent les principes et les fondements.

Nous avons donc l’obligation de redonner confiance en ce modèle.

Et, pour paraphraser Albert CAMUS, nous avons l’obligation d’ « empêcher que la République ne se défasse ».

Dans le contexte de crise sanitaire et économique que nous traversons, l’égalité des chances est donc plus que jamais une priorité.

C’est notre fil rouge jusqu’à la fin du quinquennat.

À travers la consultation citoyenne et la plateforme sur les discriminations ainsi que l’Index de la diversité – qui sont mes 3 priorités, ce sont des actions concrètes au service de l’égalité des chances que nous allons mettre en œuvre.

Je me réjouis de les porter car elles répondent à des attentes et peuvent apporter des solutions. Des solutions concrètes ; avec des objectifs.

Des actions qui viendront s’ajouter au futur plan de lutte contre le racisme de la DILCRAH que nous allons engager cette année également.

Notre jeunesse – à qui nous avons beaucoup demandé en 2020 – ne sera pas une « génération sacrifiée ».

Nous ne l’abandonnerons pas.

C’est l’essence même par exemple du plan « 1 jeune, 1 solution » lancé par le Premier ministre qui vise à donner à chacun la possibilité de se réaliser.

J’ai l’intime conviction que lutter contre les discriminations et promouvoir la diversité, c’est au bout du compte réconcilier l’idéal républicain avec la pluralité de notre société contemporaine.

Mais l’idéal républicain n’est pas le modèle multiculturaliste anglo-saxon.

La communauté nationale n’est pas une juxtaposition de communautés, étanches les unes aux autres.

La République ne reconnaît que des citoyennes et des citoyens.

Ce modèle français est singulier. Il est parfois mal compris à l’étranger ou même par nos compatriotes.

Mais je considère que nous devons absolument le préserver parce que son universalisme transcende les différences.

C’est ainsi que nous ferons société pour au final « vivre ensemble », comme le disait Ernest RENAN.

À la discrimination positive anglo-saxonne, je préfère donc l’ « engagement positif ».

L’engagement positif : c’est passer des paroles aux actes.

L’engagement positif : c’est se fixer des objectifs et s’astreindre à les respecter.

En somme, c’est la mobilisation de toute la société en faveur de l’égalité.

Car on ne guérit pas l’inégalité par un passe-droit. On ne rétablit pas l’égalité en cochant une case dans un rapport RSE.

L’engagement positif : c’est donner à nos entreprises et à notre fonction publique les couleurs de la France !

Et c’est la volonté de rompre avec la reproduction des inégalités.

C’est ce à quoi je veux m’employer à la place qui est la mienne.

***

Enfin, dernier pilier de mon ministère et non des moindres : la reconnaissance des droits et l’accès à l’égalité réelle des personnes lesbiennes, gays, bi et trans.

Le 14 octobre dernier, j’ai lancé le Plan national d’actions pour l’égalité des droits, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ 2020-2023.

Ce plan a vocation à tisser les fils d’une société plus juste et plus protectrice.

Et il s’inscrit dans un continuum républicain.

Avec en ligne de mire un objectif : faire des personnes lesbiennes, gays, bi et trans des citoyennes et des citoyens à part entière dans notre pays.

Car les violences et les discriminations dont sont les victimes les personnes LGBT+ demeurent monnaie courante dans notre pays.

Les stéréotypes ont la peau dure.

Et la haine ne s’est pas éteinte.

Cette haine tue encore en France.

Il y a donc urgence à agir.

Avec Jean-Michel BLANQUER, nous travaillons à promouvoir une éducation inclusive, où les élèves LGBT+, les enfants des familles homoparentales et leurs parents, sont pleinement considérés.  

Cette inclusion dans la société se réalise en sortant de l’invisibilité. Parce que rendre visible, c’est faire exister.

La lutte contre l’homophobie et la transphobie est désormais inscrite dans les programmes scolaires.

Et c’est une grande avancée !

Nous pouvons nous en réjouir.

Doté de 42 actions et de plus de 150 mesures, le Plan d’actions 2020-2023 que nous avons lancé le 14 octobre va dans ce sens.

Son succès repose sur une mobilisation extrêmement forte de toute la société et sur un travail collectif réunissant les associations, les collectivités locales, les acteurs privés et les services de l’État.

Afin d’obtenir des résultats tangibles rapidement, je réunirai le 1er comité de suivi du Plan à la mi-mars.

Car nous devons collectivement veiller à l’exécution de chacune de ces mesures. J’y serai extrêmement attentive.

En parallèle, grâce au concours de la DILCRAH, nous poursuivrons les nombreuses actions de sensibilisation et de formation déjà engagées en 2020.

Enfin, reconnaître les droits passe notamment par garantir l’égalité des droits entre les familles.

L’une des mesures emblématiques en la matière c’est l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes et aux femmes célibataires.

Cette extension s’inscrira dans le cadre de la loi relative à la bioéthique.

Je souhaite ardemment que la PMA pour toutes les femmes soit adoptée.

Il s’agit d’une avancée majeure pour les femmes et pour les familles.

***

Mesdames et messieurs,

Voici les grandes lignes du bilan de mes 6 premiers et de la feuille de route du ministère que m’ont confié le Président de la République et le Premier ministre.

Vous l’aurez compris : mon ministère est celui de l’égalité et celui de l’action.

En cette période de mers agitées que traverse notre pays, où les tensions sont légion, où les replis communautaires s’affermissent et où les débats sont inflammables comme jamais auparavant, la tâche de notre génération est immense.

Les réponses à apporter sont multiples.

Nous sommes au travail.

Le Gouvernement est sur le pont, pleinement mobilisé.

En conclusion, je voudrais vous passer un dernier message.

Je considère que derrière chaque crise se dresse une opportunité.

Aujourd’hui, nous avons l’opportunité de construire un monde :

  • Plus inclusif
  • Plus juste
  • Et plus égalitaire

Je tiens à vous adresser ainsi qu’à vos proches mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année – qui je l’espère – sera plus clémente que 2020.

Je vous remercie.

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