Discours de Pascale Boistard – Signature du plan pour la mixité dans les services à la personne

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Seul le prononcé fait foi.

Madame la vice présidente de la Fédération du service aux particuliers,
Monsieur le directeur général,
Mesdames messieurs,

Aujourd’hui, seuls 17% des métiers peuvent être considérés comme mixtes, c’est-à-dire qu’ils comprennent entre 40% et 60% de personnes de chaque sexe.

Nous en faisons l’expérience quotidiennement : les chauffeurs de bus sont des hommes, les gardes d’enfant des femmes, les personnes qui bricolent sont des hommes, celles qui s’occupent des personnes âgées des femmes.

Les chiffres confortent cette expérience.

Or, cette ségrégation professionnelle est une question sociale qu’il nous faut résoudre.

En effet, la présence à peu près égale d’hommes et de femmes dans un univers professionnel est un enjeu important.

Pour les individus, c’est un enjeu de liberté. Il est plus facile de choisir son métier en fonction de ses affinités, quand les métiers ne semblent pas uniquement destinés à un des deux sexes.

Pour les hommes et les femmes, c’est un enjeu d’égalité. Car aujourd’hui, les métiers dits « féminins » sont moins bien payés que les métiers dits « masculins ». Ce phénomène fait partie des raisons qui produisent l’écart de salaire, intolérable, d’un quart entre hommes et femmes dans notre pays.

Enfin, pour les entreprises et l’économie, c’est un enjeu d’efficacité. Concernant les entreprises, il a été démontré que les organismes mixtes sont plus performants. Concernant l’ensemble de l’économie, nous notons qu’un certain nombre de secteurs, aujourd’hui non mixtes, manquent de personnel. Et c’est le cas des services à la personne ; il est attendu dans les prochaines années un surcroît d’emplois de plus de un million de personnes. Il est alors bienvenu que des hommes et des femmes motivés contribuent à cette croissance.

C’est pourquoi le gouvernement a engagé une action résolue pour accroitre la mixité des métiers ; nous avons fixé un objectif d’un tiers de métiers mixtes à horizon de 2025. La plate forme que nous avons constituée dans ce but comprend plusieurs actions, et s’attache à lutter contre les stéréotypes liés aux professions dans tous les domaines.

  • Ainsi, l’éducation nationale qui généralise cette année le parcours Avenir s’attache à ouvrir, pour les filles et les garçons, tous les choix d’orientation possibles.
  • Ainsi, Pôle emploi promeut dans les offres d’emploi, les placements, les formations, une plus grande diversité de proposition pour les hommes et les femmes.
  • Ainsi, nous diffusons auprès du grand public l’idée que tous les choix de carrière sont possibles pour chacun et chacune.

Les plans sectoriels pour la mixité des métiers constituent une partie de cette plate forme.

En travaillant avec les acteurs des secteurs professionnels, nous engageons les fédérations, les entreprises, les organismes de formation, les acteurs publics de l’emploi vers une plus grande mixité.

Le secteur des transports, celui de la petite enfance, de l’autonomie, des artisans du bâtiment ont déjà signé un plan sectoriel pour la mixité.

Le plan que nous signons ce matin, avec la Fédération du service aux particuliers, part des caractéristiques des services à la personne :

– une féminisation massive,

– un recours important au temps partiel,

– des attendus en matière de parcours professionnel et de formation.

Sur cette base, mon ministère, le ministère de l’économie et votre fédération avons constitué ensemble un programme d’actions précises pour favoriser un plus grand accès des hommes au secteur, mais aussi une plus grande mixité au sein des différents métiers qui composent le secteur.

Dans ce plan, je voulais mettre en avant trois points qui me semblent particulièrement intéressants :

  • Premièrement, il est issu d’une motivation forte de votre fédération. Vous aviez déjà, d’ailleurs, engagé des actions sur ce thème :

vous avez conduit un colloque sur le rôle des femmes dans le secteur, vous avez engagé une réflexion avec l’agence nationale de l’amélioration des conditions de travail sur l’amélioration de l’organisation du travail et signé la charte qualité des services à la personne proposée par la direction générale des entreprises.

  • Deuxièmement, il propose d’agir sur le contenu même des métiers. En agissant sur la formation, sur les conditions de travail, sur les parcours professionnels, sur les classifications, vous proposez d’améliorer les conditions d’exercice de ces métiers. Il s’agit bien sûr d’un enjeu de mixité, car l’amélioration des métiers contribue à leur attractivité, y compris pour les hommes. Mais il s’agit également d’une amélioration de leurs conditions de travail pour les nombreuses femmes qui exercent aujourd’hui ces professions.
  • Troisièmement, il adopte une approche très globale pour modifier le regard porté sur ces métiers . Que ce soit dans les supports de communication de votre fédération, dans le discours tenu aux jeunes, dans les actions auprès des demandeurs d’emploi ou auprès des bénéficiaires des services, il a pour ambition de montrer que des hommes et des femmes peuvent exercer ces emplois.

Je crois notamment que la lutte contre les stéréotypes du côté des bénéficiaires sera un levier intéressant de changement.

Ce plan est donc ambitieux, car, partant d’un niveau élevé de féminisation, le secteur dispose d’une marge de progrès importante.

Mais il est également réaliste, et propose des actions concrètes pour améliorer la mixité et les conditions d’emploi.

Par ailleurs, différents acteurs publics seront à vos côtés pour mettre en place ce plan.

Notre réseau des droits des femmes, bien sûr, accompagnera l’implantation sur le territoire, de ces actions.

Je tiens aussi à souligner l’importance de la co signature, pour l’Etat, de ce plan par le ministère de l’économie. Je sais qu’Emmanuel Macron et la direction générale des entreprises, sont en train de réfléchir avec votre secteur à la valorisation du potentiel d’emplois qu’il représente. Je le sais soucieux de développer des opportunités pour les femmes et pour les hommes. Emmanuel ne pouvait être parmi nous ce matin, mais je sais que le ministère de l’économie mettra tout en œuvre pour accompagner le déploiement de ce plan.

Il ne nous reste plus qu’à signer, puis à nous mettre au travail ensemble pour déployer toutes ces actions que nous avons prévues.