Discours de Pascale Boistard en clôture de la réunion du « Club égalité » des Alpes-Maritimes (26 /10/15)

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Seul le prononcé fait foi

Madame la Vice présidente du conseil régional,
Monsieur le Préfet,
Monsieur le recteur,
Mesdames et messieurs les élus,
Madame la chargée de mission départementale aux droits des femmes et à l’égalité,
Mesdames et messieurs engagés sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes,

Je vous remercie de m’avoir conviée à cette plénière de votre club égalité, où vous avez évoqué votre plan d’action départemental pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes.
Votre démarche m’a intéressée à plus d’un titre.

Tout d’abord, car elle s’insère, en la déclinant, dans la convention Territoire d’Excellence que j’ai signée il y a peu avec la Région. J’avais eu l’occasion, que je réitère aujourd’hui, de saluer l’engagement de la Région, et celui de Gaëlle Lenfant en particulier, sur ce sujet de l’égalité professionnelle.

Je sais d’ailleurs que vous avez déjà labellisé des actions pour mettre en œuvre cette convention : vous avancez très vite sur ce beau dossier.

Ensuite car, comme nous le faisons au niveau national, comme le fait la Région, elle réunit l’ensemble des partenaires utiles à l’avènement de l’égalité réelle. Présidé par le Préfet des Alpes Maritime et la Vice Présidente du conseil Régional, votre Club Egalité réunit plus de 60 organisations : entreprises, associations, partenaires publics et privés. Cette mobilisation de tous est essentielle pour que l’égalité devienne réelle.

J’ai noté que vous vous êtes posé la question : « comment garantir l’égalité dans les politiques publiques ?»

Cette question, nous nous la posons également. C’est pourquoi nous réalisons, chaque année, ce que nous nommons les « conférences de l’égalité ». Il s’agit d’une démarche interministérielle de mobilisation sur le sujet de l’égalité entre les femmes et les hommes. A tous les ministères, nous demandons de rédiger une feuille de route, qui trace le chemin de leurs actions, sur le plan de la gestion de leurs ressources humaines comme sur le plan des politiques publiques qu’ils conduisent.

Nous les poussons à aller toujours plus loin. A titre d’exemple, nous vérifions que tous les projets de loi contiennent une étude d’impact sur l’égalité, pour que toutes les lois contribuent à l’égalité entre les femmes et les hommes. Autre exemple, nous incitons tous les ministères à postuler pour le label « égalité », pour que l’Etat soit exemplaire dans sa gestion des ressources humaines.

Enfin, car elle adopte une approche transversale que je crois la seule efficace.

La loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, vous y faites référence, est fondée sur cette transversalité. Elle part du constat que les inégalités se cumulent : dans la sphère domestique comme dans la sphère professionnelle, dans le type de relations entre les femmes et les hommes comme dans la représentation sociale et démocratique. C’est pourquoi cette loi aborde tous ces domaines, et propose d’intervenir simultanément sur le partage des tâches parentales, sur le partage des responsabilités, sur la lutte contre les stéréotypes et contre les violences faites aux femmes.

Un an après la loi, je suis fière de dire que plus de 95% des textes d’application ont été pris.

Cette rapidité dans la mise en œuvre de la loi, reflète, en plus de mon engagement, le fait que la société et tous les acteurs publics sont désormais prêts pour l’égalité.

Bien sûr, nous aurons encore des résistances, et bien sûr, la loi ne fait pas tout. C’est pourquoi des actions, déclinées partout sur le territoire, restent indispensables pour que l’égalité devienne une réalité pour chacune et chacun.

Dans votre plan pour l’égalité, je voudrais évoquer plusieurs actions qui ont particulièrement attiré mon attention.

La labellisation des organismes au titre de l’action qu’ils conduisent.

Vous le savez, le rapprochement des labels diversité et égalité, que nous avons effectué, a pour enjeu de redynamiser ces démarches, accessibles aux entreprises, aux associations, aux acteurs publics, pour que chacun implante l’égalité dans la gestion de ses salariés et de ses agents publics.
Mais la démarche que vous allez expérimenter propose de créer une labellisation égalité au titre des services rendus au public. Ainsi, une crèche qui développera auprès des jeunes enfants une pédagogie égalitaire pourra voir son action mise en avant, et portée comme exemplaire.

Cela me semble intéressant, et je suivrai avec grand intérêt cette expérimentation.

La démarche intégrée pour la mixité

Au niveau national, la plate forme pour la mixité des métiers que pilote mon ministère s’est fixé pour objectif, à horizon de 2025, de faire passer le nombre de métiers mixtes de 17% à un tiers. Pour cela, nous engageons des actions avec l’éducation nationale sur l’orientation, avec le service public de l’emploi sur les recrutements, avec les secteurs professionnels sur l’insertion des femmes et des hommes dans les entreprises.
Récemment, nous avons par exemple signé un plan pour la mixité dans le secteur des services à la personne.
Sur le modèle de cette approche transversale, vous développez des actions complémentaires pour que chacun et chacune puisse choisir son métier en fonction de ses affinités plutôt que des stéréotypes sexués. Votre approche, qui va de l’accompagnement des jeunes enfants, jusqu’à l’intégration dans les entreprises, peut réellement accroitre cette liberté, et être en plus un gage d’efficacité pour les secteurs économiques qui s’y engageront.
Je serai également très attentive aux résultats de cette démarche.

Le marketing genré

Enfin, mon attention a été attirée par les travaux que vous souhaitez conduire sur les jouets. Le marketing genré, récent, sépare les jouets en « jouets de filles » et « jouets de garçons ». Cela contribue à diffuser des stéréotypes enfermant les enfants, puis les adultes, dans des rôles sexués cloisonnés. Ouvrir l’usage des jouets permet de dire à chaque enfant qu’il peut faire ce qu’il veut de sa vie.

Pour conclure, je voulais saluer la visibilité que vous apportez à vos actions au travers de ces semaines de l’égalité et de la mixité des métiers. Comme la semaine de l’égalité professionnelle que nous avons organisée au niveau national et dans toutes les régions début octobre, cette concentration d’événements donne l’occasion de parler de ce beau sujet. Elle permet de montrer l’ampleur des inégalités, de nous expliquer sur les objectifs que nous poursuivons et les moyens que nous mettons, collectivement, en place, pour qu’hommes et femmes aient les mêmes emplois, également rémunérés.

Je sais vos deux semaines riches d’événements : des animations ludiques dans les centres de loisirs à l’exposition « tous les métiers sont mixtes » de femmes d’ici et ailleurs, en passant par des interventions des Happy Men, ou encore la valorisation de l’entreprenariat par des femmes.

Je resterai très attentive, je vous le redis, aux expérimentations que vous conduisez. Car cet échange, entre une politique nationale qui trace des objectifs, et des innovations de terrain, qui répondent concrètement aux réalités des territoires, me semble extrêmement riche pour faire progresser nos dispositifs publics.
Grâce à ces actions, nous pouvons espérer de grands progrès pour atteindre l’égalité réelle à laquelle nos concitoyens et nos concitoyennes aspirent. Je vous en félicite et vous en remercie.