Discours de Mme Elisabeth MORENO – Cérémonie de Commémoration des 150 ans de la mort d’Alexandre DUMAS

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Discours de Madame Élisabeth Moreno

Ministre déléguée auprès du Premier ministre

chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances

 

| Hommage à Alexandre Dumas – 150 ans de sa disparition |

 

Le 5 décembre 2020

 

Seul le prononcé fait foi

 

Monsieur le maire du 17ème arrondissement de Paris,

Monsieur le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT,

Monsieur le conseiller délégué en charge des Outre-mer,

Mesdames et messieurs les élus,

Mesdames et messieurs, bonjour,

Je vous remercie toutes et tous pour votre présence ce matin.

***

Alexandre DUMAS nous a quittés voilà 150 ans, emportant avec lui tous ses héros.

Mais son legs est quant à lui immortel.

Ses héros sont toujours vivants et nous accompagnent. Ils traversent les générations et les frontières.   

Ses épopées flamboyantes nous habitent toujours.

Balsamo, Monte-Cristo ou d’Artagnan lui ont survécu et ont bravé les époques et les modes. Ils ont pénétré l’intime national.

Alexandre DUMAS fait partie de notre mémoire collective et de notre imaginaire populaire.

De par ses combats, il était un mousquetaire de la République !

Il était donc normal qu’il repose au Panthéon, aux côtés de ses sœurs et frères de plume et d’engagement tels que Victor HUGO, André MALRAUX, Simone VEIL ou Émile ZOLA.

***

Métis, Alexandre DUMAS est aussi l’incarnation de notre « France plurielle », notre France aux mille visages et aux mille talents.

Son père – qu’il ne connaîtra que très peu puisqu’il disparaît lorsqu’il a seulement 4 ans – était le fils d’une esclave et d’un propriétaire d’esclaves.

Son père, c’était le général DUMAS. Un héros de la Révolution française qui avait su briser les carcans des discriminations. Cette prison invisible qui enferme et qui rétrécit les destins.

Ces discriminations d’il y a 200 ans ont une résonnance particulière aujourd’hui au regard de l’actualité.

Notre époque n’est pas étanche au racisme, à l’antisémitisme et à son cortège de discriminations. Bien au contraire !

***

Notre époque est traversée de tensions ; dont l’Histoire est souvent le bouc-émissaire.

L’Histoire doit être lue et appréhendée dans son intégralité.

Chaque époque a produit ses haines avec son lot de bourreaux et de zélateurs.

Ces pages noires, nous ne devons ni les occulter ni les instrumentaliser.

Nous devons les regarder en face. Nous devons les expliquer, en faire la pédagogie auprès des jeunes générations notamment.

Parce que l’Histoire touche parfois à ce que nous avons en nous de plus sensible – à savoir l’identité –, nous devons poser un regard lucide sur notre passé. Ce passé riche et complexe.

Car on n’écrit pas l’Histoire avec une gomme, ni du haut d’un tribunal.

Parce que l’Histoire est un bloc, nous ne devons ni magnifier ni diaboliser notre passé.

Ce travail mémoriel est une ligne de crête sur laquelle nous n’avons le droit ni de reculer, ni de trébucher.

***

L’histoire familiale d’Alexandre DUMAS incarne à elle seule la complexité de notre Histoire ; les pages glorieuses et ombrageuses ainsi que les clair-obscur qu’elle porte en elle.

Et DUMAS est aussi le fruit d’un métissage historique et social. Ce passé riche et complexe est son ADN.

Ces identités multiples, il a su les sublimer sans jamais les dissimuler.

Il se plaisait d’ailleurs à rappeler qu’il avait un accent créole.

Il a su les transcender pour épouser la République qui l’a accueilli au Panthéon parmi ses plus grands fils.

Son parcours tout entier est l’incarnation de ce que la République peut produire de plus beau.

Parce que nous devons faire de notre « France plurielle » une République unie, célébrons l’œuvre et le parcours d’Alexandre DUMAS. Ils sont l’un des ciments de cette unité nationale que nous appelons de nos vœux.

150 après sa disparition à Puys, cette gerbe est le juste hommage qu’il mérite.

Comme disait Victor HUGO à son propos : « Le nom d’Alexandre DUMAS est plus que français, il est européen ; il est plus qu’européen, il est universel ».

 

Discours de Mme Elisabeth MORENO – Cérémonie Alexandre DUMAS – 05.12