80ème anniversaire de l’Agence française de Développement (AFD) : discours

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Discours de Madame Élisabeth Moreno, ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances
Le 2 décembre 2021
Seul le prononcé fait foi

Jean Castex

Le Premier ministre Jean Castex lors du 80e anniversaire de l’AFD

Monsieur le Premier ministre,
Madame la directrice générale du Fonds monétaire international,
Monsieur le ministre,
Mesdames et messieurs les représentants du corps diplomatique,
Monsieur le président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale,
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Mesdames et messieurs les élus,
Monsieur le directeur général de l’Agence française de développement, cher Rémy Rioux,
Chère Esther Duflo,
Cher Achille Mbembe,
Mesdames et messieurs, bonsoir,

Je me réjouis d’être à vos côtés et je suis soulagée que nous soyons nombreux car il nous faut souffler, ce soir, 80 bougies.

***

Vous l’avez évoqué précédemment : l’Agence française de développement a vu le jour le 2 décembre 1941.

Alors que la nuit de l’Occupation recouvre une partie de l’Hexagone, le général de Gaulle – depuis Londres – crée ce qui deviendra la première institution de développement au monde.

À ses côtés, c’est l’un des premiers à l’avoir rejoint outre-Manche, également compagnon de Jean Monnet, qui s’attelle à la mettre en place.

Un travailleur acharné de l’ombre, un brin austère, rompu aux relations internationales à la faveur de son expérience acquise à la Société des Nations.

Un homme qui mettra en pratique le dessein gaullien de « prospérité commune », cimenté dans la fraternité héritée de la guerre.

Cet homme, c’était Pierre Denis.

À la faveur des affres de l’Histoire, le premier siège de l’AFD était donc à Londres.

Il sera ensuite à Alger, avant de s’installer à Paris.

Si le théâtre d’interventions de l’AFD est le monde ; l’Afrique coule dans ses veines depuis toujours.

Un an après sa création, un premier bureau est ouvert à Dakar en 1942.

Ce faisant, cet anniversaire célèbre aujourd’hui 80 ans de partenariats et de relations très fortes entre l’AFD et le continent africain.

80 ans de lutte contre la pauvreté.

80 ans de développement du secteur privé.

80 ans d’appui à l’intégration régionale.

80 ans d’actions concrètes dans l’agriculture, l’énergie, le numérique, la promotion de l’entrepreneuriat des femmes et de la jeunesse, etc.

80 ans au service des populations.

***

L’Agence française de développement est au cœur de la nouvelle relation entre la France et le continent africain dont le président de la République avait énoncé les ambitions le 28 novembre 2017 à Ouagadougou.

L’AFD en est un rouage essentiel.

Elle est même aux avant-postes.

Dès 2019, ses financements d’aide publique au développement vers le continent ont progressé d’un milliard d’euros.

Au total, depuis 2017, l’AFD investit près de cinq milliards d’euros par an en Afrique.

Résultat :

  • Elle est présente dans 44 pays africains ;
  • Et le continent concentre 50 % de ses activités et 80 % de ses financements.

Le changement de logiciel voulu par le président de la République se traduit dès lors dans les faits, de manière extrêmement concrète.

L’un des axes majeurs de l’AFD aujourd’hui est ainsi de renforcer ce qu’on appelle le « non-souverain ».

C’est-à-dire le travail partenarial avec d’autres acteurs que les États, à savoir :

  • Le secteur privé ;
  • Les collectivités locales ;
  • Les sociétés civiles ;
  • Et ses sœurs jumelles : les banques publiques de développement.

C’est l’esprit aussi du rapport du député Hervé Berville ainsi que de la loi relative au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales : l’aide au développement ne peut plus s’opérer sans l’implication, sans l’investissement des sociétés civiles, des entrepreneurs et de la jeunesse.

Autre concrétisation des engagements de Ouagadougou dont l’écho a résonné jusqu’au Sommet de Montpellier le 8 octobre dernier, l’AFD intervient aussi en faveur de l’entrepreneuriat des femmes et de la scolarisation des jeunes filles.

Il s’agit, pour la ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, d’une priorité absolue.

Je connais l’engagement de l’AFD en faveur de l’égalité et je vous en sais gré.

Qu’il s’agisse des financements toujours plus importants alloués pour réduire les inégalités entre les femmes et les hommes ou du Fonds de soutien créé pour financer les associations féministes du Sud, l’AFD est une agence résolument féministe.

En 2020, deux tiers de vos projets avaient un objectif significatif ou principal en faveur de la réduction des inégalités entre les femmes et les hommes.

L’AFD s’inscrit donc pleinement dans le cadre de notre diplomatie féministe portée par Jean-Yves Le Drian.

Une diplomatie féministe dont le point d’orgue fut le Forum Génération Égalité que la France a accueilli cet été et dont l’AFD fut un partenaire incontournable.

***

Mesdames et messieurs,

N’en déplaise à certains Cassandre : l’Afrique et la France ont une part d’identité commune et, pour cette raison, leur destin ne peut être délié l’un de l’autre.

C’est pourquoi, autre ambition affichée à Ouagadougou et à Montpellier par le président de la République : le rôle central joué par les diasporas.

Selon l’OCDE, la diaspora africaine représente dans notre pays environ 10% de la population ; soit huit millions de personnes.

Il s’agit d’un atout indéniable de part et d’autre de la Méditerranée.

Car les diasporas sont au cœur de notre ouverture du monde.

Elles jouent à la fois le rôle de vigie et d’aiguillon, d’ambassadrices et de trait d’union entre les rives, entre les cultures, entre les langues, entre les mémoires et entre les générations.

Elles tissent un fil qui nous relie les uns aux autres.

Un fil extrêmement précieux.

Un fil qu’il nous appartient, toutes et tous ici présents, de consolider.

C’est, je le sais, ce à quoi s’emploie l’AFD depuis 2017.

En d’autres termes, tout en veillant à renforcer toujours plus les relations entre les États, les diasporas permettent de jeter les bases d’un narratif nouveau entre la France et l’Afrique.

Un narratif fondé sur l’écoute et sur le dialogue, et ce à travers des partenariats gagnants-gagnants

Une relation nouvelle fondée sur :

  • La confiance ;
  • Le partage ;
  • Et l’enrichissement mutuel.

C’est dans ce contexte que, pour la première fois un chef d’État a décidé de réunir plus de 3 000 Africains de la société civile à Montpellier le 8 octobre dernier pour échanger sans filtre, sans tabou et sans concession.

Ce Sommet avait été précédé d’un grand dialogue, que vous avez mené, cher Achille Mbembe, dans douze pays africains courant 2021.

À Montpellier, nous y étions tous les deux présents cher Rémy, il a notamment été question de développement.

Nous avons entendu les arguments, les cris d’alarme, les rêves et les ambitions des jeunesses présentes.

Nous devons y répondre.

C’est dans ce sillon tracé de Ouagadougou à Montpellier que :

  • Nous créerons prochainement une Maison des mondes africains et des diasporas au cœur de Paris ;
  • Et que nous organiserons les premières Assises des diasporas.

Oui, les diasporas sont une chance pour notre avenir commun.

Nous avons absolument besoin de ces sociétés civiles en éveil et en action, en France comme en Afrique.

***

Mesdames et messieurs,

Vieille maison, l’AFD est une magnifique institution.

Une institution dont la noble mission n’a jamais été altérée par l’usure du temps qui passe ; bien au contraire.

Une institution qui n’a eu de cesse de se renouveler ; qui n’a jamais arrêté d’innover.

Une institution qui, j’en ai l’intime conviction, fait notre fierté à tous.

Je lui souhaite donc, ce soir, un très joyeux anniversaire.

Et je vous remercie, cher Rémy Rioux ainsi que tous vos collaborateurs, pour votre engagement de chaque instant au service du développement.

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