#4 novembre : réduisons les inégalités salariales, maintenant

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Aujourd’hui, 4 novembre, depuis 16h16, les femmes travaillent gratuitement jusqu’à la fin de l’année.

Cette phrase vous choque ?

C’est pourtant la réalité.

La réalité des inégalités salariales entre les femmes et les hommes dans notre pays. Selon l’agence Eurostat, les Françaises gagneraient en moyenne 15,5% de moins que les hommes ; ce qui équivaut à 39 jours travaillés gratuitement dans l’année. Être une femme demeure le premier facteur de discrimination en France.

Être une femme demeure le premier facteur de discrimination en France.

Ces inégalités sont insupportables. Elles sont inacceptables. Et nous devons les résorber. La participation des femmes au marché du travail a certes beaucoup progressé depuis plusieurs décennies. Mais les inégalités salariales persistent et sont sources d’injustice individuelle et collective. 

Et si nous pouvons nous réjouir que la France soit championne d’Europe en termes de féminisation des conseils d’administration et de surveillance de ses grands groupes depuis la mise en place de la loi Copé-Zimmermann il y a dix ans, si nous pouvons nous féliciter que la France figure au 3ème rang du classement de l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes derrière la Suède et le Danemark, force est de constater que beaucoup de chemin reste à parcourir.

Pour les entreprises de taille inférieure ainsi que pour les instances de direction en général, les inégalités restent une réalité tangible. Dans l’industrie par exemple, les femmes représentent à peine 20% des membres des comités exécutifs. Et en 2018, les femmes ne représentaient que 27% des dirigeants d’entreprise, 30% des créateurs d’entreprise et seulement 12% des créateurs de start-up. La même année, elles étaient 30% à travailler à temps partiel et ce, pas toujours par choix.

Les racines de ces inégalités sont profondes. Elles naissent sur le terreau des stéréotypes. Des stéréotypes tenaces qui enferment, qui inhibent. Une machine à fabriquer des disparités et des injustices que l’on peut pourtant corriger.

Les racines de ces inégalités sont profondes. Elles naissent sur le terreau des stéréotypes. Des stéréotypes tenaces qui enferment, qui inhibent.

Car derrière les statistiques se dressent des réalités : les femmes sont plus nombreuses à vivre sous le seuil de pauvreté. Elles sont plus nombreuses à vivre dans la précarité. 

Comment remédier à ces injustices ?

Comment corriger ces inégalités ?

À l’école, dès le plus jeune âge bien entendu en déconstruisant les clichés ou les représentations négatives, mais aussi après au cours de la vie professionnelle en sensibilisant les recruteurs et aussi – et peut-être avant tout ! – les dirigeants d’entreprise.

Les entreprises sont au cœur de cette bataille. Et certainement encore plus dans cette période de crise sanitaire et économique que nous traversons et dont les femmes sont les premières victimes.

En 2018, le Gouvernement a créé l’Index d’égalité professionnelle qui instaure pour la première fois dans l’histoire de notre pays une obligation de transparence et de résultats pour les entreprises en matière d’égalité salariale.

Avec Élisabeth Borne, nous comptons communiquer largement sur les résultats de cet Index. C’est pourquoi les scores des entreprises des entreprises de plus de 250 salariées seront désormais publiés sur le site du ministère du Travail. La transparence renforcée des résultats de l’Index constitue une avancée significative qu’il nous faut encore amplifier.

La dynamique de réduction des inégalités et de ces injustices est donc enclenchée. Mais nous ne devons pas nous arrêter là. Il faut aller plus loin, et ce d’autant plus dans cette période de crise sanitaire et économique qui accroît le risque de précarité économique et financière pour les femmes. La journée du 4 novembre nous le rappelle : le monde professionnel constitue l’un des foyers des inégalités, en particulier l’inégalité salariale.

La dynamique de réduction des inégalités est enclenchée.

Les entreprises comme les pouvoirs publics se doivent dès lors d’accompagner et d’impulser les changements nécessaires pour construire une société plus juste, plus inclusive et plus équitable. Il s’agit à la fois d’une responsabilité mais avant tout d’une chance. La chance de pouvoir contribuer à la redéfinition positive du monde dans lequel nous vivons.

Saisissons-la, ensemble. Et maintenant !

 

4 novembre 2020