Œuvrer pour une meilleure visibilité médiatique des femmes de sport

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Quel est votre parcours ?

J’ai fait une longue carrière à la fédération française de football (FFF). J’ai beaucoup œuvré au développement de la pratique du football pour les filles. Il y a 30 ans, nous n’étions ni nombreuses ni nombreux à la défendre. En France, le football n’a été autorisé pour les filles qu’en 1970. Puis en 1985, la loi a obligé les fédérations à inclure une femme dans leur conseil exécutif. Marilou Duringer a été la première élue à la FFF. En 2002, j’ai été nommée directrice à la Fédération en charge des nouvelles technologies de l’information et de la communication, ce qui faisait de moi la première femme à accéder à un poste de direction de ce niveau. Actuellement, je suis associée dans une startup d’innovation sociale Digitaly. Nous accompagnons les PME dans la transformation numérique et agissons pour plus de mixité à tous les niveaux de l’entreprise.

 

Quels sont vos engagements en matière d’égalité femmes-hommes ?

J’ai à cœur de défendre l’égalité d’accès, que ce soit l’accès aux responsabilités, à une pratique sportive ou encore à l’entrepreneuriat. Les stéréotypes véhiculés demeurent un obstacle majeur à cette égalité. Nous héritons d’une culture où les hommes et les femmes ont des places bien définies, si bien que l’on finit par se censurer soi-même. Tous ces freins doivent être levés un à un. Chaque personne peut porter cette vision de plus d’égalité. Il y a une nécessité à encourager les femmes à oser. Et les hommes ont aussi la responsabilité de porter ce combat de la mixité. 

 

Vous participez à la Conférence permanente du sport au féminin. Qu’allez-vous y faire ?

Lancée le mardi 5 septembre dernier à Valence par la Ministre Laura Flessel et la Secrétaire d’État Marlène Schiappa, la « Conférence permanente du sport au féminin » est une commission composée de 30 personnalités nommées pour 3 ans. Ses membres, femmes et hommes, ont pour mission d’élaborer et de proposer des actions au ministère des Sports pour renforcer la visibilité des femmes dans le sport, l’accès aux responsabilités, la pratique, le financier. Il est important d’adopter une vision à 360 degrés et considérer la pratique, la présence dans les instances officielles et l’économie du sport en général. Partout où il y a du sport, les femmes doivent pouvoir accéder aux postes, aux formations et aux qualifications. Il ne faut surtout pas, comme c’est souvent le cas actuellement, assigner les femmes à ne se préoccuper ou s’occuper que des dossiers concernant les femmes. C’est avec la mixité des responsabilités que l’on fera aussi avancer la question de la place des femmes dans l’univers du sport. 

Pour cette mission, plusieurs groupes de travail vont se réunir régulièrement à partir de fin novembre. J’ai été nommée au titre du Secrétariat de l’égalité entre les femmes et les hommes. Passionnée par les questions de gouvernance et de communication, je vais participer aux débats pour aider au développement de cette communication en recourant à l’ensemble des médias : télévision, radios, presse écrite, web et réseaux sociaux… Il y a beaucoup à faire pour accroître la visibilité des compétitions féminines. Et des femmes de sport. Il faut démontrer qu’il y a de belles histoires, des parcours magnifiques à raconter dans tous les secteurs du sport.

 

*Mme Dominique CROCHU, membre du Comité éthique et sport