La santé et l’accès aux soins : une urgence pour les femmes en situation de précarité

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Le Haut Conseil à l’Egalité (HCE) a remis ce jour à Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes son rapport « Santé et accès aux soins : une urgence pour les femmes en situation de précarité ». Dans ce rapport, le HCE  s’est intéressé à ces femmes « hors radar », dont la santé est dégradée et l’accès aux soins entravé.

La France a connu ses dernières années une importante amélioration de l’état de santé de sa population, comme en attestent des indicateurs de santé publique : allongement de l’espérance de vie, net recul de la mortalité infantile, etc. Pourtant, les progrès accomplis ne profitent pas à toutes et tous et les inégalités sociales de santé perdurent.

S’il est souvent rappelé l’espérance de vie supérieure des femmes (85,4 ans en 20161) par rapport à celle des hommes (79,4 ans), les spécificités des femmes concernant certaines pathologies et les obstacles, dans l’accès aux soins, rencontrés par celles traversant une situation de précarité, sont encore peu étudiées.

Contrairement aux idées reçues, les femmes constituent aujourd’hui la majorité des personnes en situation de précarité :

  • elles représentent 53 % des personnes pauvres, 57 % des bénéficiaires du revenu social d’activité (RSA)
  • elles constituent 70 % des travailleur.euse.s pauvres, occupent 82 % des emplois à temps partiel et 62 % des emplois non qualifiés
  • elles représentent 85 % des chef.fe.s de familles monoparentales et 1
    famille monoparentale sur 3 vit sous le seuil de pauvreté

 

Les femmes représentent 64% des personnes qui reportent des soins ou y renoncent , soit près de 9,5 millions de femmes qui, chaque année :

  • ne sollicitent pas les aides financières trop complexes : un tiers des potentiel.le.s bénéficiaires de la CMU-C ne la demande pas
  • font face à des dépassements d’honoraires ou à des délais d’attente trop importants, voire à des discriminations et des refus de soin 
  • ne peuvent se permettre de prendre le temps de consulter un.e professionnel.le de santé, le quotidien de ces femmes étant une course permanente, dans laquelle leur santé passe en dernier, après leurs enfants, leur compagnon et la gestion des difficultés financières.

Afin de mieux prendre en compte et combattre ces inégalités sociales et sexuées, le Haut Conseil à l’Égalité a publié un rapport dans lequel il émet 21 recommandations à l’attention des pouvoirs publics autour de 3 leviers d’actions  :

  • une meilleure évaluation, dans le compte prévention pénibilité, du caractère usant et pénible des postes majoritairement occupés par des femmes en situation de précarité
  • une simplification de l’accès aux prestations sociales en matière de santé (fusion de la CMU-C, de l’AME et de l’ACS) et la mise en place d’un accompagnement pour faciliter les démarches ;
  • la formation des professionnel.le.s de santé à l’accueil des personnes en situation de précarité, au dépistage systématique des violences dans le cadre familial ou professionnel et aux symptômes spécifiques aux femmes pour certaines pathologies, cardiaques par exemple.

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