Formation au harcèlement sexiste dans les transports, Brest Métropole

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Le harcèlement sexiste demeure encore un phénomène culturel très ancré. À Brest, le changement des mentalités est en cours.

Pourquoi vous êtes-vous engagée contre le harcèlement sexiste dans les transports ?

Mon engagement personnel pour la cause des femmes est ancien. Il remonte à mon adolescence dans les années 1970. La première fois que je suis descendue dans la rue, c’était pour défendre la loi Veil sur l’avortement. L’égalité femmes-hommes est constitutive de mes engagements associatifs et politiques depuis plus de quarante ans. Ma fonction actuelle d’adjointe au maire de Brest en charge de l’égalité femmes-hommes s’enracine donc dans ce militantisme. J’ai tenu à promouvoir des actions en faveur de l’égalité dans l’ensemble de nos politiques publiques, qu’il s’agisse d’éducation, de sport, de culture, d’espace public ou de transports. 

Rendre l’espace public plus sûr pour les femmes

Pour lutter contre le harcèlement sexiste dans les transports et l’espace public, Brest Métropole, en lien avec la déléguée aux droits des femmes (DDF 29) Marion Clément, a organisé sur son territoire des marches exploratoires avec des abonnées, lancé une campagne de communication et mis en place des formations auprès des médiatrices et médiateurs des transports en commun.

Pour en savoir plus sur cette initiative, rendez-vous sur http://www.egalitefemmeshommes-brest.net/

 Quels ont été vos succès ? Vos obstacles ?

Depuis environ un an, je sens une plus grande réceptivité sur le sujet de l’égalité femmes-hommes. Néanmoins, cela reste un problème sur lequel il faut continuer à travailler. En décembre dernier, le maire de Brest a signé avec le Haut Conseil à l’égalité une convention d’engagement pour une communication politique sans stéréotype de sexe. Nos équipes de communication sont à présent sensibilisées sur cette question d’égalité. Mais les réflexes culturels sont tenaces et il ne faut pas avoir l’illusion de penser que la loi fait tout. Il n’est pas rare d’entendre encore des remarques comme « Mais qu’est-ce qu’elles ont encore ? » ou « Mais l’égalité femmes-hommes, c’est fait ! ». Nous devons ouvrir les yeux sur la réalité et nous interroger. Ce n’est pas parce que l’égalité est inscrite dans la loi que le sujet est clos. Sur le terrain, la réalité est tout autre.

 

Vos trois conseils à celles et ceux qui souhaitent développer des projets similaires ?  

D’abord, travailler en équipe. Et au sein d’une collectivité, il est essentiel d’avoir un mode de fonctionnement transversal, en s’appuyant sur des alliés, femmes et hommes. Sinon, on risque d’apparaître comme la féministe de service. Deuxièmement, expliquer ce que l’on fait. Enfin, être en lien avec le terrain.